Combler le vide géographique

Avant de quitter le ministère de la Santé, Xavier Bertrand avait promis de satisfaire les médecins généralistes installés en zones sous-médicalisées. Il a tenu parole puisqu'un arrêté, publié hier au Journal officiel, prévoit qu'ils peuvent bénéficier "dès aujourd'hui d'un bonus de 20% sur leurs honoraires", signale Le Figaro (page 20).

Cette mesure ne doit pas inquiéter les patients, prévient le quotidien. Ils n'auront pas à verser ce supplément puisque l'assurance maladie se chargera de cette revalorisation. En revanche, les médecins doivent remplir quelques conditions pour y prétendre: ils "devront être installés en secteur 1 (tarifs "Sécu") et en groupe, avec d'autres généralistes ou avec des spécialistes, dentistes, infirmières, kinés ou sages-femmes. Ils devront s'engager à exercer au même endroit pendant trois ans et à participer aux gardes".

Pour le gouvernement cette mesure "incitative" tend à faire reculer les "déserts médicaux". Près de 1.600 médecins seraient de la sorte "potentiellement concernés" de par leur dispersion sur 4.500 communes essentiellement rurales ou de banlieue.

Le Parisien/Aujourd'hui (pages 16-17) dresse à ce titre un panorama de la situation. "En Ile-de-France, pour commencer, une commune sur deux n'a plus de médecin généraliste, même s'il s'agit surtout de villages représentant seulement 3% de la population", indique le journal. Pour certaines spécialités, l'absence est parfois davantage marquée: "Ainsi, 25 villes de plus de 10.000 habitants n'ont plus aucun pédiatre. Bobigny, préfecture de Seine- Saint-Denis, avec plus de 44.000 habitants, est l'illustration de ce cas de figure. " Toutefois, on pourrait aussi évoquer les gynécologues, ou encore les infirmiers lesquels sont deux fois moins présents en Ile-de-France que dans le reste du territoire.

Pour le reste des régions françaises, la Picardie, le Centre et la Champagne- Ardenne sont les plus défavorablement dotées en personnel médical. Au niveau départemental, il ne fait ainsi pas bon être malade dans l'Eure, la Mayenne, l'Orne ou encore l'Allier.

Aussi, remarque Le Parisien/Aujourd'hui, " en pleine campagne présidentielle, de nombreux observateurs estiment qu'il faut ouvrir d'urgence un débat sur la liberté d'installation des médecins ". Interrogé par ce quotidien, le président de la Mutualité Française rappelle que "la santé est une mission de service public". Pour l'assurer, poursuit Jean-Pierre Davant, il faudra "mettre en place de nouvelles règles, voire des contraintes, afin d'assurer une juste répartition des effectifs et des spécialités partout en France".

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Pour le moment, le sida se soigne mais ne se guérit pas, fait remarquer Libération (pages 6 et 7), alors que se tient, à Paris jusqu'au 31 mars, la conférence francophone sur le virus.

Le message de cette 4e rencontre exprime assez bien la situation mondiale: "Rien n'est réglé, ni au Nord, ni au Sud". Selon L'Humanité (page 10), si les traitements au Nord sont en effet plutôt adaptés à une extension de l'espérance de vie des malades, il n'en reste pas moins que "la discrimination professionnelle et quotidienne subie par ces mêmes malades n'a jamais été aussi prégnante. Et cette discrimination a des conséquences sur la poursuite de la transmission du sida". Quant au Sud, poursuit ce quotidien, "un bond en avant a eu lieu en terme d'accès aux traitements et à la prévention, mais on est loin du compte".

Coprésidente de cette conférence, Christine Katlama, professeure de maladies infectieuses à l'hôpital La Pitié-Salpêtrière, à Paris, relève dans un entretien qu'elle accorde à Libération que "l'objectif idéal de tous les thérapeutes du VIH" n'en reste pas moins "l'éradication du virus". Cet espoir semble permis avec les nouvelles molécules et les "nouveaux inhibiteurs de la pénétration du virus dans la cellule" qui seront commercialisés l'an prochain.

Par ailleurs, sans crier au miracle, Le Monde (page 7) signale qu'un mode de prévention partiel pourrait être un peu plus répandu: la circoncision. Trois études menées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) viennent en effet de constater que la circoncision des hommes jeunes permettait un taux de protection d'environ 60% vis-à-vis de l'infection par le VIH.