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Coeur artificiel : l’arrêt brutal dû à un court-circuit

Le Journal du Dimanche (pages 4 et 5) a révélé hier que le patient de 76 ans qui avait reçu un coeur artificiel et qui est décédé le 2 mars, s'appelait Claude Dany. L'hebdomadaire revient longuement sur les raisons de son décès dans un entretien avec le Pr Alain Carpentier, concepteur de cette prothèse.

"Le cœur s'est arrêté brusquement. Il y a eu un court-circuit. Cela a entraîné un arrêt cardiaque identique à celui que peut présenter un cœur naturel pathologique", explique-t-il au JDD. "Nous cherchons à comprendre d'où vient ce problème électronique et pourquoi", ajoute le médecin, qui s'interroge : "Les différentes sécurités se sont-elles activées ? Si oui, pourquoi cela n'a-t-il pas suffi ? Il nous faut examiner en détail les données recueillies."

"On ne connaît pas encore les causes exactes du décès. Mais certaines ont déjà été écartées et c'est le plus important à mes yeux : la mort n'est pas liée à une complication du malade, ni au principe fondamental de cette prothèse qu'est l'emploi de matériaux biocompatibles pour limiter la formation des caillots et le risque de thrombose", précise-t-il dans le JDD (page 4). Ce médecin rend également hommage à Claude Dany : "Grâce (à son) courage, nous améliorons déjà la préparation et donc la réussite des prochaines implantations, ainsi que le confort du malade." "Il a donné sa vie en espérant la sauver et en espérant en sauver d'autres", renchérit sa fille Isabelle (page 5).

Par ailleurs, la chaîne iTélé a annoncé hier que Carmat, la société qui commercialise ce cœur artificiel, a décidé qu'il n'y aurait pas, pour l'heure, de nouvelle implantation. "L'essai continue, mais il n'y aura pas de nouvelle implantation tant que la solution au problème n'aura pas été découverte", affirme le fabricant de la prothèse.

 

Coordination des soins : propositions

La coordination des différents acteurs du système de santé (médecin de ville, infirmière, kiné, hôpital) est actuellement "un échec", ce qui affecte la prise en charge des patients, notamment ceux qui souffrent de "maladies chroniques souvent associées au vieillissement de la population". C'est le constat sévère dressé par le "think tank" Economie santé des Echos (page 4). Une situation qui entraîne des surcoûts pour l'assurance maladie, selon ce laboratoire d'idées, qui réunit une trentaine d'experts de la santé.

Les quatre mesures préconisées par ce "think tank" rejoignent la "stratégie nationale de santé", présentée par le gouvernement en 2013, et qui doit faire l'objet d'une loi cette année. Premièrement, il préconise de désigner un seul coordonnateur des soins pour chaque patient et de le rémunérer pour cette tâche. Il peut s'agir du médecin traitant, mais aussi d'un praticien hospitalier, notamment pour les malades du cancer. Deuxièmement, le laboratoire d'idées des Echos recommande de donner plus de moyens (juridiques et financiers) aux agences régionales de santé (ARS), afin de coordonner les soins dans chaque territoire via des contrats locaux spécifiques à la coordination des soins.

Troisièmement, il conseille de recenser toutes les initiatives de coordination déjà mises en place et de les faire labéliser par les autorités sanitaires afin de les promouvoir. Enfin, le "think tank" prône la création, pour chaque patient, d'un "dossier informatisé de coordination des soins". Les malades seraient "moins bien remboursés" s'ils ne l'utilisaient pas. Dans un premier temps, cette nouvelle règle pourrait être appliquée à certaines ALD (affections de longue durée) comme le diabète.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)