Code du travail : un parcours semé d’embuches

Le gouvernement va transmettre aujourd'hui un "programme de travail" aux partenaires sociaux. Une série de réunions avec chacun des syndicats est prévue avec la ministre du Travail.

"Depuis qu'il est arrivé à l'Elysée, Emmanuel Macron a fait attention à soigner la méthode pour ménager les syndicats. Son message est simple : contrairement à il y a un an, rien n'est écrit d'avance. La réforme sera travaillée avec les partenaires sociaux dans le cadre d'une réelle concertation, avec des impératifs et de vraies marges de discussion", constatent Les Echos.

L'exécutif n'a pas ménagé sa peine pour en convaincre les syndicats. Après le président et le Premier ministre, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a achevé vendredi dernier de consulter les partenaires sociaux. Elle s'est engagée à leur transmettre aujourd'hui un programme de travail et a promis au moins six réunions thématiques avec chacun.

Mais la révélation du site du Parisien, hier, de l'existence d'un document de travail, daté du 12 mai, intitulé "Avant-projet de loi habilitant le gouvernement", a failli tout compromettre. Ce texte propose d'étendre fortement le champ des accords d'entreprise au détriment des branches, notamment en ce qui concerne le contrat de travail, notent Les Echos.

Ce document "n'émane pas du gouvernement", a assuré la ministre du Travail aux leaders syndicaux. "C'est un document de travail de campagne, qui date d'avant l'annonce de la composition du gouvernement", a confirmé le Premier ministre, précisant qu'"il ne l'engage pas". Certains évoquent une note d'un juriste qui n'a même pas participé à ces groupes de travail. "Pour provocant que puisse apparaître son contenu aux yeux des syndicats, il n'a pas suscité de cris d'orfraie", observent Les Echos.

Non pas qu'il satisfasse les responsables syndicaux : "Ce serait un dynamitage en règle du Code du travail", confie l'un d'eux. Pour se prononcer, les syndicats attendent la lettre de cadrage, baptisée "programme de travail", qui leur sera proposée aujourd'hui. Son contenu sera déterminant pour la suite des événements.

Une rencontre intersyndicale pourrait avoir lieu d'ici à la fin de la semaine. Pour le gouvernement, la bataille de l'opinion sur la réforme du Code du travail est loin d'être gagnée, soulignent Les Echos. Il y a huit jours, 44% des Français se déclaraient favorables à une réforme en profondeur de ce code, soit 9 points de moins qu'à l'annonce du lancement de la loi Travail, en novembre 2016.

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John Sutton

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