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CMU : des bénéficiaires plus malades que les autres assurés

Problème de dos, dépression, arthrose, diabète : les bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) déclarent plus de pathologies que le reste de la population. C’est ce que confirme une étude publiée le 8 mars par l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes).

Si les bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) – surtout des jeunes et des femmes – consultent moins souvent un spécialiste que le reste de la population, ils voient plus régulièrement leur médecin généraliste.

D’ailleurs, ils se considèrent "en moins bonne santé", confirme une étude de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), rendue publique le 8 mars. Intitulée "Les bénéficiaires de la CMUC déclarent plus de pathologies que le reste de la population", elle a été réalisée à partir des données de l’Enquête santé protection sociale (ESPS) 2006-2008, et s’appuie sur le ressenti des personnes interrogées et sur les motifs de leur dernière consultation.

A âge et sexe équivalents, "presque tous les grands groupes de pathologies sont surreprésentés" dans les déclarations des patients couverts par la CMUC, rapporte l’Irdes. Par exemple, sur 100 bénéficiaires de moins de 65 ans, 17 déplorent des problèmes de dos et 12 de l’arthrose, contre seulement 14 et 9 chez les autres assurés.

Ces écarts sont "jusqu’à deux fois" plus importants pour des "affections comme la dépression ou le diabète", poursuit l’Irdes. Les bénéficiaires de la CMUC disent ainsi souffrir de dépression dans 14% des cas, au lieu de 9% pour le reste de la population. Concernant le diabète, ces taux sont respectivement de 10% et 5%.

Des renoncements aux soins persistent

Parmi les autres soucis de santé avancés, figurent notamment les affections gastro-intestinales qui sont "à mettre en relation avec la plus grande fréquence des troubles anxieux et de certains facteurs de risque, comme l’obésité".

Autres maladies fréquemment déclarées : les problèmes cardio-vasculaires, l’hypertension artérielle, l’asthme, les bronchites chroniques, etc. Des pathologies également accentuées par l’obésité et le tabagisme, deux facteurs de risque plus présents chez les CMUistes. De façon logique, la plupart de ces affections se retrouvent dans les principaux motifs de consultations évoqués par les bénéficiaires de la CMUC.

Depuis sa création en 1999, la couverture maladie universelle a "très nettement amélioré le recours aux soins de ses bénéficiaires en facilitant l’accessibilité financière aux soins", estime l’Irdes. Néanmoins, des renoncements aux soins semblent perdurer. Il apparaît, en effet, que les CMUistes portent moins de lunettes (43%) que le reste de la population (51%). Ce moindre équipement touche aussi les prothèses dentaires. Pour l’Irdes, ce phénomène pourrait résulter de "l’histoire des personnes" et de leur "précarité sociale, économique et professionnelle".

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)