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Cliniques privées : l’appel à la grève

"Malgré cinq réunions [avec le ministère de la Santé, NDLR], nous sommes en situation de blocage", a déclaré hier Lamine Gharbi, président de la Fédération hospitalière privée (FHP), sollicitant "l'arbitrage" de Manuel Valls. "Je demande à être reçu par le Premier ministre, pour lui expliquer les problématiques, nos revendications et que nous puissions obtenir sa médiation", a-t-il ajouté. "Le temps presse. S'il ne répond pas, on bloque le système", a menacé le président de la FHP, cité dans Les Echos (page 2).

La FHP a appelé les cliniques privées à une grève illimitée à compter du 5 janvier, ainsi qu'à une manifestation le même jour. Objectif : protester contre le projet de loi de santé, qui redéfinit la notion de "service public hospitalier". Ce texte prévoit que pour obtenir ce label, une clinique ne devra plus avoir un seul médecin pratiquant les dépassements d'honoraires, rappelle La Croix (page 9). "Ce que demandent certains du côté des cliniques, c'est d'avoir le beurre et l'argent du beurre", a rétorqué la ministre de la Santé, vendredi sur France Info.

Décidément très remontée contre ce projet de loi, la FHP vient de lancer une campagne choc dans la presse, considérée "pour le moins outrancière" par La Croix. Sur une des affiches, on voit une femme enceinte sur le point d'accoucher dans la rue, accompagnée de ce texte : "Demain en France, si la loi santé est votée, vous ne pourrez plus accoucher dans une clinique. Le pire est annoncé."

"Notre objectif était d'interpeller sur toutes les cliniques qui meurent en si­lence", se défend la FHP. Une campagne jugée "irresponsable" par la Fédération hospitalière de France (FHF), qui regroupe les hôpitaux publics. "C'est indigne. On peut critiquer la loi santé, mais en aucun cas, elle ne prévoit de faire disparaître les cliniques", déplore Gérard Vincent, le délégué général de la FHF.

A lire aussi – L'Igas s'attaque aux coûts de gestion de la Sécu

L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) vient de publier un rapport sur les moyens de diminuer les frais de gestion de l'assurance maladie, annonce Le Figaro-économie (page 24). Des économies potentielles évaluées à 1,7 milliard d'euros par an, d'ici à 2020. Ces frais de gestion sont estimés à 12,5 milliards d'euros en 2012, avec pour principale caractéristique ce que l'Igas appelle "un important éclatement institutionnel" : 86 opérateurs pour gérer les quatorze régimes obligatoires de l'assurance maladie.
Aux trois principaux régimes que sont la Cnam (salariés), la MSA (agriculture) et le RSI (indépendants et artisans) s'ajoutent onze régimes spéciaux, des organismes délégataires du régime général (étudiants, fonctionnaires) et les vingt organismes conventionnés du RSI.

Parmi les leviers permettant de réduire les coûts, l'Igas préconise l'achèvement de la dématérialisation du traitement des prestations en nature et en espèces, la réduction des écarts de performances au sein de chacun des grands réseaux de caisses et entre les principaux régimes, et, enfin, la réorganisation du régime obligatoire autour de deux grands opérateurs de gestion.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)