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Chômage : contrôler… sa communication

Est-ce la levée d'un tabou, un couac ou un emballement médiatique ? S'exprimant hier sur iTélé, le m­i­nistre du Travail, François Rebsamen, a provoqué la polémique en affirmant sa volonté de "renforcer les contrôles des chômeurs pour vérifier qu'ils cherchent bien un emploi" et de les "sanctionner" si ce n'est pas le cas. Il a notamment justifié sa fermeté en rappelant que 350.000 offres d'emploi demeurent non pourvues malgré un chômage record.

"Quand on est chômeur, a-t-il déclaré, (…) on recherche un emploi, et donc c'est négatif pour ceux qui recherchent un emploi d'être à côté de personnes qui ne cherchent pas d'emploi. Ce n'est pas la majorité, mais je souhaite qu'on vérifie que les chômeurs cherchent du travail. Sinon, on est radié. Il faut qu'il y ait à un moment une sanction", rapporte ainsi Le Monde (page 8).

Pour ce quotidien, cette déclaration va "alimenter le sentiment, à gauche, que le gouvernement s'engouffre dans les pas de la droite". Nouveau signal d'un "social-libéralisme décomplexé" ? "Ré­volution" pour une gauche qui, selon Le Figaro (page 4), a longtemps jugé "impensable" d'évoquer "les devoirs du chômeur" ? Comme pour conforter cette analyse, L'Humanité n'a pas de mots assez durs pour dénoncer en "une" cette "chasse aux chômeurs".

"Après les polémiques sur les œillades de Manuel Valls au Medef, les 35 heures puis le travail du dimanche, cette nouvelle sortie à caractère libéral a été fustigée par les syndicats et la gauche, la virulence des réactions s'expliquant aussi par l'effet accumulation", observe Derek Perrotte dans Les Echos (page 3). Outre les protestations attendues de la CGT et de Force ouvrière, c'est la réaction du leader de la CFDT qui a frappé : Laurent Berger s'est dit ainsi "atterré" par des propos "scandaleux" et "stigmatisant" les chômeurs.

Si l'on s'attache aux faits, Les Echos rappellent que Pôle emploi teste depuis l'été 2013 un nouveau dispositif de contrôle des chômeurs, basé sur des équipes spécialisées. Selon des données nationales, sur les quelque 40.000 à 50.000 radiations prononcées chaque mois, seulement 7% à 8% seraient dus à des manquements des chômeurs à leurs devoirs : non-recherche, refus de formation, refus de deux "offres raisonnables d'emploi", etc. "Cela apporte de l'eau au moulin des syndicats", qui soulignent que "les vrais abus ou fraudes restent très limités", commentent Les Echos.

Au final, l'émoi suscité par les propos de François Rebsamen renvoie l'exécutif à son bilan, écrivent la plupart des éditorialistes. Pour Thierry Borsa du Parisien/Aujourd'hui (page 2), le "vrai problème" n'est pas dans le renforcement ou non du contrôle du chômeur : "Il est normal de rappeler que les chômeurs ont des droits mais aussi des devoirs, écrit-il. Mais pendant tout le temps de ces discussions, que fait-on pour que notre pays relance son économie afin de créer des emplois ?"

Même commentaire sévère de Jean-Francis Pécresse dans Les Echos (page 9) : "Deux ans après leur avoir promis d'inverser la courbe du chômage, le chef de l'Etat a, à son passif, un demi-million de demandeurs d'emploi supplémentaire. Avant de contrôler les chômeurs, l'exécutif devrait commencer par reprendre le contrôle du chômage."

Contrôler les chômeurs ? Contrôler le chômage ? Contrôler sa communication aussi, ajoute l'éditorialiste de La Croix (page 1), Dominique Quinio : "Lutter contre les abus est (…) une nécessité. Sans stigmatisation, sans généralisation. Une “realpolitik sociale”, nécessaire, doit se garder d'aggraver la peine des chômeurs par des mots qui soupçonnent et qui blessent." Attention au "poids des mots", conclut-elle.

 

Harmonie mutuelle : la santé au travail pour tous !

Salariés et employeurs s'accordent sur l'importance de la santé au travail mais n'en ont pas forcément la même perception. C'est ce qu'on peut retenir de l'enquête conduite par l'observatoire Entreprise et Santé pour l'institut de conseil Viavoice et le groupe Harmonie mutuelle. Désormais, "la santé au travail est quelque chose de fondamental pour l'entreprise", souligne Jean-Louis Mercier, directeur général adjoint du pôle développement et services aux adhérents d'Harmonie mutuelle, dans Le Figaro (page 23).

Mais seuls 35% des salariés pensent que leur entreprise a pris "un certain nombre d'actions pour la santé des salariés", alors que c'est le cas de 79% des dirigeants du privé. Cet écart s'explique par une différence de perception : les collaborateurs aimeraient que l'entreprise instaure en priorité des mesures pour lutter contre le stress alors que pour les employeurs, l'élément à instaurer en priorité est un... défibrillateur !

"Les dirigeants sont dans un environnement réglementaire, qui parle de protection et de sécurité au travail. On est sur du factuel. De l'autre côté, les salariés veulent des actions beaucoup plus ambitieuses qui doivent notamment intégrer le stress au travail", analyse le directeur général adjoint d'Harmonie mutuelle. Pour avancer sur ce dossier, l'essentiel est de "dialoguer, expliquer et convain­cre dans les entreprises. Avec tous les acteurs de la santé au travail".

Pascal Lelièvre

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)