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Chirurgie ambulatoire : accélérer son développement

La ministre de la Santé a estimé que 70% des actes chirurgicaux devraient être réalisés en ambulatoire en 2022. Un objectif qui ne semble pas hors de portée, à condition que le secteur public s'y engage.

"La chirurgie ambulatoire est à la croisée des pratiques médicales, des technologies et des organisations", explique Cécile Courrèges, directrice générale de la Direction générale de l'offre de soins (DGOS), dans Le Figaro. Pour elle, c'est même "l'une des dynamiques de transformation de notre système de soin emblématique de l'innovation dans ce secteur".

Faire de la chirurgie ambulatoire impose à un établissement d'être excellent à chaque étape du parcours clinique des patients. De l'entrée à l'hôpital au retour à domicile et aux jours qui vont suivre l'opération, en passant par le circuit dans l'établissement de soin et, bien sûr, l'acte chirurgical lui-même, résume Le Figaro. "La satisfaction des patients doit être prioritaire à tous les étages", explique la Pre Corinne Vons, présidente de l'Association française de chirurgie ambulatoire (Afca), qui tenait ses journées nationales les 10 et 11 janvier à Paris.

Marisol Touraine, ancienne ministre de la Santé, avait fixé pour objectif d'atteindre 66,2% des actes chirurgicaux en ambulatoire en France en 2020. Ambitieux, puisque le taux estimé sur les huit premiers mois de 2016 n'était que de 54%. Aux Entretiens de Bichat, en octobre dernier, l'actuelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn, fixait le nouveau cap à "70% en 2022", rappelle Le Figaro. Le Danemark et la Suède ont déjà atteint 90%.

L'objectif fixé par la ministre de la Santé ne semble pas hors de portée, "à condition que le secteur public s'y engage franchement", juge Le Figaro. "La plus grande diversité des séjours liée aux obligations de service public, ainsi qu'un mode de financement longtemps peu incitatif au développement de ce mode de prise en charge expliquent en partie le retard du secteur public (35,6%), en particulier dans les structures de type CHU", expliquait la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) en 2016.

Pour convaincre les chirurgiens encore réticents, l'Association française de chirurgie ambulatoire mise sur "la pertinence des soins qui, selon Corinne Vons, doit être au cœur de toutes nos actions". L'Afca a été chargée par la DGOS d'établir un rapport sur la chirurgie ambulatoire dans les établissements publics et les groupements hospitaliers de territoire.

De son côté, Gilles Bontemps, directeur à la Cnam, a fait ses comptes : "Si l'on veut atteindre le taux ministériel affiché de 70% en 2022, il faut basculer un million d'actes chirurgicaux aujourd'hui réalisés en hospitalisations en actes effectués en ambulatoire." Une des pistes serait d'autoriser l'ouverture de centres indépendants, entièrement dédiés à la chirurgie ambulatoire, note Le Figaro.

Mais celle-ci semble, pour l'heure, écartée par les pouvoirs publics. "C'est le choix qu'ont fait les pays où la chirurgie ambulatoire s'est développée, observe le Dr Guy Bazin, fondateur de l’Afca. Si on laisse les structures hospitalières telles qu'elles sont aujourd’hui, on n'y arrivera jamais", juge ce médecin.

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John Sutton

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