Chikungunya : prise en charge à 100% des traitements

La ministre de la Santé effectue actuellement une visite de trois jours en Guadeloupe et en Martinique pour faire le point sur la lutte contre l'épidémie de Chikungunya, annonce France Info ce matin. "J'ai pris deux décisions : la prise en charge à 100% des médicaments antidouleur et contre la fièvre, sur présentation d'une ordonnance chikungunya, et la suppression des jours de carence pour les arrêts de travail répétés" liés à la maladie, a indiqué Marisol Touraine, hier à Pointe-à-Pitre (Gua­deloupe). "Cette mesure va durer le temps de l'épidémie", a ajouté la ministre, de façon à ce que ceux qui ont des rechutes "ne soient pas pénalisés".

Selon la Caisse générale de Sécurité sociale de la Guadeloupe, le nombre d'arrêts de travail a augmenté de 40% depuis le début de l'épidémie en Guadeloupe, où 70% des salariés ne bénéficient pas de mesures de subrogation de leurs employeurs. Ils subissent donc de fortes pertes de revenus quand ils sont contraints à des arrêts de travail répétés.

"Plus de 50.000 personnes ont été touchées par le virus du chikungunya, soit près de 10% de la population, et 33 pa­tients, généralement âgés ou immunodépressifs, sont décédés", précise, dans La Croix (page 10), Anna-Bella Failloux, responsable du laboratoire arbovirus et insectes vecteurs de l'institut Pasteur de Paris.

Quelle évolution peut-on craindre ? interroge le quotidien catholique. "La situation épidémiologique pourrait néanmoins s'aggraver dans les semaines à venir avec le début de la saison des pluies, favorable à la ponte des moustiques et l'arrivée attendue de 400.000 Antillais vivant dans l'Hexagone, qui laisse craindre la perspective de rapatriement du virus", explique Anna-Bella Failloux.

 

Médecins : critiques sur les contrats d'objectifs

Dans un rapport publié hier, la Cour des comptes critique les rémunérations à la performance sur objectifs de santé, mis en place depuis 2004 entre l'assurance maladie et les médecins libéraux, rapporte Le Monde (page 8). Certes, ces primes ont permis "des progrès", reconnaît la Cour, notamment une amélioration du suivi des malades chroniques, soulignent Les Echos (page 2). Toutefois, en matière de dépistage, les résultats sont "plus contrastés". En 2013, "les résultats des indicateurs relatifs à la grippe sont en régression et ceux relatifs aux dépistages des cancers du sein et du col de l'utérus ne progressent pas", explique la Cour, citée dans Le Figaro-économie (page 23).

Comment fonctionne la rémunération à la performance ? "Un médecin traitant généraliste pourra cumuler, pour un patient diabétique de plus de 80 ans, sa rémunération à l'acte (23 euros), une majoration forfaitaire de 5 euros à chaque consultation, la rémunération à la performance correspondant aux huit indicateurs de suivi du diabète, la rémunération forfaitaire de 40 euros annuels pour le suivi des patients en ALD et la rémunération annuelle de 23 euros si le patient est intégré dans le programme Sophia de l'assurance maladie", explique la Cour des comptes, dans Le Figaro-économie. Au total, primes et forfaits représentent en moyenne un peu plus de 12% des revenus des généralistes, soulignent Les Echos.

Autre critique : l'absence de sanction, relève Le Monde. "Aucune conséquence négative n'est attachée au non-respect des objectifs, et chaque indicateur est indépendant, déplore la Cour des comptes. Une solidarité entre les indicateurs avec des impacts positifs et négatifs sur la rémunération finale renforcerait le caractère incitatif du système."

En conclusion, le rapport critique un "pilotage insuffisant" des politiques conventionnelles, qui "n'ont pas résolu les problèmes d'accès aux soins, que ce soit en matière de dépassements des tarifs, qui ont sévèrement augmenté pour les soins médicaux et les soins dentaires, ou sur le plan géographique". La Cour préconise donc, dans le cadre d'un "pilotage national plus intégré", un réexamen et un recentrage des politiques conventionnelles sur les "enjeux essentiels" comme l'accès aux soins et la maîtrise médicalisée des dépenses de santé, note Le Monde.

Auditionné par les sénateurs au sujet de ce rapport, Frédéric van Roekeghem, directeur général de la Cnam s'est défendu en invoquant les compromis nécessaires lors des négociations avec les médecins libéraux, rapportent Les Echos (page 2). Il a rappelé que le Parlement peut diminuer la valeur des actes des médecins s'il estime leurs revenus trop importants. Enfin, concernant la lutte contre les déserts médicaux, le directeur général de l'assurance maladie a reconnu que la démarche est "tardive" et les résultats "insuffisants".

John Sutton

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