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Les chantiers gouvernementaux de la protection sociale

Le président de la République entend refonder le dispositif de protection sociale. Sur l'épineuse question du renoncement aux soins, la Mutualité Française entend être associée, notamment sur la proposition d'un reste à charge zéro sur l'optique, l'audioprothèse et le dentaire.

Lors de sa campagne électorale, Emmanuel Macron a promis la "refondation" de la Sécurité sociale. Son Premier ministre a d'ailleurs récemment annoncé l'intégration du régime social des indépendants (RSI) au régime général, d'ici deux ans. "Mais cela n'est rien en regard du big bang qui se prépare avec les retraites", estiment Les Echos, qui consacrent un cahier spécial à la protection sociale.

"Il devient urgent de protéger les personnes et non plus les statuts, estiment Les Echos. C'est pourquoi la protection sociale à la française navigue vers un modèle un peu moins assurantiel, un peu plus universel." Pour le quotidien économique, "la transition a déjà eu lieu. En matière d'assurance maladie, ce droit est désormais universel et attaché à la personne avec des cartes Vitale individuelles dès l'âge de 16 ans, voire 12 ans".

"Mais que signifie la protection universelle maladie quand le quart des assurés renoncent à se faire soigner, parce qu'il n'y a pas de médecin disponible, ou bien parce que les soins sont trop coûteux ?", s'interrogent Les Echos. Le précédent gouvernement a commencé à apporter des réponses : aides à l'installation des médecins dans les déserts médicaux, plafonnement du prix des prothèses dentaires, généralisation de la complémentaire santé…

"Les résultats sont mitigés", juge le quotidien économique. L'extension des contrats collectifs d'entreprises "a permis de gagner 400.000 nouveaux assurés, mais en laissant sur le bord de la route les chômeurs et les retraités".

Comment rectifier le tir ? Le président de la République défend l'idée d'un reste à charge réduit à zéro sur les soins dentaires, les lunettes et les audioprothèses, postes où les renoncements aux soins sont les plus importants. "C'est un sujet qui concerne directement les mutuelles et les complémentaires, estime le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, dans un entretien aux Echos. "D'autant que nous partageons cet objectif qui vise à ce que nos adhérents puissent accéder à ces soins à des tarifs qui soient maîtrisés", poursuit-il.

"Il se trouve toutefois que, sur ce sujet, le terme de "complémentaire" n'est pas approprié, puisque cela fait longtemps que les acteurs mutualistes sont les financeurs principaux en matière de lunettes, de dents et d'appareils auditifs, explique-t-il. Pour vous donner un ordre de grandeur, le coût moyen d'une audioprothèse est de 1.500 euros : la Sécurité sociale en rembourse 210, une complémentaire en moyenne 450 euros, ce qui fait environ 840 pour les ménages. (…). Tout l'enjeu pour nous est d'être associés à la construction des solutions pour atteindre ce reste à charge zéro."

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John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)