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Cent mesures pour convaincre

Avec la présentation de son programme devant les militants socialistes à Villepinte, Ségolène Royal marque officiellement le début de la campagne présidentielle. Désormais, les festivités peuvent commencer constate la presse dans son ensemble, qui commente les 100 propositions de la candidate.

Seul Libération manifeste ouvertement son soulagement (pages 1 à 8) : "Enfin !", titre le quotidien pour lequel le projet présidentiel présenté hier par Ségolène Royal est "un pacte plein d'impact" qui aspire à ce que "la France retrouve une ambition partagée, la fierté et la fraternité". Pour ce faire, l'approche doit être repensée, indique-t-elle, car "le temps n'est plus aux colmatages ou aux accommodements avec des systèmes qui ne fonctionnent plus".

Décliné en neuf chapitres ce "programme attrape-tout" qui "s'inspire davantage du projet du Parti socialiste que des forums participatifs" joue tout à la fois le jeu de la gauche et du centre, relève Le Figaro (pages 8 et 9).

La croissance, le pouvoir d'achat, l'environnement, la justice, la réforme des institutions ou encore la situation internationale y ont leur place tout comme, bien entendu, la Sécurité sociale. Ainsi, pour L'Humanité (pages 2 à 4) la candidate socialiste s'en est pris à la droite "qui a fragilisé la Sécurité sociale", déstabilisé l'hôpital public ou encore voté "une réforme injuste des retraites". Aussi propose-t-elle plusieurs mesures, en particulier la gratuité des soins pour les moins de 16 ans, un "grand plan de prévention et de recherche des maladies graves (cancer, sida, Alzheimer, maladies orphelines)", une politique de lutte contre l'obésité, ou la création de dispensaires, notamment dans les zones rurales.

Selon Libération, seul quotidien à publier la liste détaillée des 100 propositions, une carte santé jeune mise en œuvre pour les 16-25 ans "ouvrant droit à la gratuité d'une consultation par semestre" figure aussi parmi les suggestions. La gratuité de la contraception pour les jeunes femmes de moins de 25 ans est aussi envisagée.

La 41e mesure réaffirme le droit à la couverture maladie universelle (CMU) et envisage de sanctionner les refus de soins. Dans une même approche sociale, Ségolène Royal souhaite "rétablir les moyens pour les soins aux étrangers en situation irrégulière" ou encore "défendre l'accès aux soins des malades dans les pays en voie de développement, par la promotion de médicaments génériques moins coûteux".

Par ailleurs, la candidate envisage de "renforcer les moyens de la médecine scolaire, universitaire et du travail". Pour cette dernière, elle compte négocier avec les partenaires sociaux "le renforcement de son indépendance". En faveur des handicapés, Ségolène Royal souhaite "adapter les conditions d'attribution de l'allocation adultes handicapés (AAH) aux maladies évolutives à diagnostic incertain". Elle entend aussi développer le nombre de places dans les structures d'accueil pour personnes âgées et favoriser les moyens de leur maintien à domicile.

Pour ce qui est des retraites, indiquent Les Echos (pages 1 à 3), elle promet de les "sécuriser" en les mensualisant et en ouvrant une "large négociation" portant sur la fixation d'un minimum garanti "s'approchant du Smic" ainsi que sur le "mode de financement des régimes spéciaux". "Le hic" d'un tel programme, ironise Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3), "c'est que Ségolène Royal annonce […] une multitude de nouvelles dépenses pour l'Etat" alors qu'elle avait pourtant "commencé son propos en parlant de la gravité de la dette publique".

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Parce que jugés trop inefficaces, la Haute Autorité de santé (HAS) avait réclamé l'an dernier le déremboursement de 221 médicaments, parmi lesquels 156 veinotoniques. Or, on s'en souvient, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, avait préféré repousser le déremboursement de ces veinotoniques en 2008, et leur faire bénéficier d'un taux de remboursement provisoire de 15% en attendant cette échéance. Selon Le Parisien/Aujourd'hui (page 7), cette décision a eu des conséquences dignes d'une "véritable déconfiture". En effet, "l'an dernier, le chiffre d'affaires des veinotoniques […] a chuté de 31,5%", entraînant ainsi un manque à gagner pour les laboratoires de 170 millions d'euros.

Selon le quotidien, le fait que les complémentaires santé aient décidé de suivre l'impulsion donnée par la HAS en ne prenant plus en charge ces produits a beaucoup contribué à cette baisse. Autre explication : l'évolution des comportements du corps médical. "De nombreux médecins, y compris ceux qui prescrivaient massivement ces produits, ont levé le stylo parce qu'ils en avaient assez d'être en porte à faux avec leurs patients", analyse l'économiste de la santé, Claude Le Pen.