Casse-tête autour du nouveau gouvernement

Le gouvernement de Manuel Valls sera dévoilé en fin de matinée ou en fin de journée, compte tenu du dé­placement du président de la République à Bruxelles. Le nécessaire renouvellement, le respect de la parité et la réduction du nombre de ministres compliquent la composition du nouveau gouvernement, soulignent Les Echos (page 2). Le quotidien économique attribue les portefeuilles ministériels, à la manière d'un jeu de chaises musicales : les entrants (Ségolène Royal, François Rebsamen ?), les restants (Marisol Touraine, Benoît Hamon ?) et les partants (Cécile Duflot, Marie-Arlette Carlotti ?).

Seule certitude à l'heure où nous écrivons ces lignes : l'absence de ministres écologistes. En effet, la direction d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a décidé hier soir de ne pas participer au nouveau gouvernement, soulignent les "unes" de deux quotidiens nationaux. "Valls à l'épreuve des Verts", titre Libération, tandis que Le Figaro annonce : "Les Verts disent non à Emmanuel Valls."

La Croix (page 4) énonce, pour sa part, les chantiers économiques prioritaires, qui attendent le nouveau gouvernement : maintenir le pacte de responsabilité tout en l'adoubant d'un "pacte social", comme l'a promis le président de la République lundi, et aussi redonner du pouvoir d'achat aux Français et redresser les comptes publics. "La diminution des impôts reste renvoyée à un horizon lointain, d'ici à 2017, mais elle devrait être précédée par une baisse des cotisations", indique La Croix. Le scénario privilégié par Bercy consisterait à remplacer la prime pour l'emploi, perçue par six millions de foyers, par une baisse des cotisations sociales, afin d'augmenter légèrement le pouvoir d'achat des bas salaires. "On dit qu'on baisse les cotisations, mais on ne dit pas comment on va régler le problème du financement de la protection sociale", réagit, dans L'Humanité (page 6), Eric Aubin, secrétaire confédéral de la CGT.

Par ailleurs, François Hollande ex­horte le gouvernement à convaincre l'Europe que les efforts de la France "doivent être pris en compte dans le respect de ses engagements". Une façon de demander un délai ou un adoucissement de l'engagement de ramener le déficit sous la barre des 3 %. Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, s'est montré très ferme hier, en rappelant que "La France a déjà profité, dans le cadre de la procédure pour déficit excessif, de deux reports de calendrier", rapportent Les Echos (page 4).

 

Hausse des violences contre les médecins

Menaces pour obtenir un certificat médical, agression pour un arrêt maladie refusé : essentiellement verbales, les violences contre les praticiens ont augmenté en 2013, selon le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom), qui plaide pour une meilleure prévention, rapporte Libération (page 14). "Toutes les incivilités, les insultes et menaces en lien direct avec l'acte médical se multiplient. Nous constatons une exaspération des patients, qui sont de plus en plus revendicatifs", déclare, dans Libé, le Dr Bernard Le Douarin, de l'Observatoire pour la sécurité des médecins du Cnom.

Les généralistes sont de loin les cibles privilégiées des actes d'hostilité. Ils subissent 58 % des menaces, insultes, coups, et autres vol, souligne Le Parisien/Aujourd'hui (page 10). Parmi les spécialistes, les ophtalmologistes sont les plus souvent confrontés à la violence, avec 7 % des actes, suivis des psychiatres et des gynécologues-obstétriciens. Les actes de violence contre les médecins sont inégalement répartis dans les régions, les départements et les villes. Le Nord, la Seine-Saint-Denis (en baisse cette année) et Paris, forment le trio de tête. Mais la violence n'est plus l'apanage des grandes agglomérations, note Le Parisien. La Charente-Maritime, la Dordogne, la Sarthe et le Var ont connu une forte hausse en 2013. Peut-être un effet collatéral de la pénurie de médecins dans certaines zones, qui accroît les délais d'attente, donc l'exaspération voire l'agressivité de certains patients.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)