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Cancers : les facteurs de la survie

Le nombre de cancers augmente, mais les chances de survie progressent. Avec l'accroissement des dépistages précoces et un meilleur accès aux nouvelles thérapies, les résultats pourraient être maximisés.

En 2015, estime l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 8,8 millions de personnes sont décédées des suites d'un cancer. Soit la deuxième cause de mortalité dans le monde après les maladies cardiovasculaires, précise le site de France Inter.

Pour autant, enchaîne Le Parisien daté de dimanche, à l'occasion de la Journée mondiale de la maladie, les survivants sont de plus en plus nombreux. En effet, selon une étude menée dans 71 pays publiée dans la revue The Lancet, le pourcentage de personnes toujours en vie cinq ans après un cancer augmente. Un point de satisfaction qui n'est que partiel car "l'étude pointe de grandes disparités géographiques avec un monde à deux vitesses".

Par exemple, cinq ans après un diagnostic du cancer du sein, on peut survivre dans 90% des cas aux Etats-Unis et en Australie, contre 66% en Inde. Pour ce qui est des tumeurs au cerveau, le taux de survie s'élève entre 80 et 90% en Suède, alors qu'il est de 41% en Chine et 29% au Brésil. De façon globale, les chances de guérir sont plus favorables en Amérique du Nord, en Australie, en Nouvelle-Zélande ou dans les pays scandinaves.

D'après l'épidémiologiste Lionel Lafay de l’Institut national du cancer (INCa), l'un des cofinanceurs de l'étude, la France se situe plutôt en tête des bons résultats. Particulièrement pour ce qui est du cancer du sein, pour lequel le taux de survie est de 87%, juste derrière le Portugal, où il est à 88%. Pour les leucémies, ce même taux est de 85%. En revanche, en matière de survie après un diagnostic du cancer du côlon, la France obtient un taux de 64%, juste après la Belgique (68%), puis l'Allemagne et l'Italie (65% chacun).

Hormis les tumeurs du foie, des poumons et du pancréas, pour lesquels les progrès sont insuffisants depuis cinquante ans, les chiffres sont globalement satisfaisants. Ils sont notamment dus à l'efficacité de notre système de santé, estime le Pr Fabien Calvo de l’institut Gustave-Roussy, à Villejuif (Val-de-Marne). "Il faut que ça continue", encourage-t-il, en particulier en maintenant les politiques de dépistage. Car évidemment, plus la tumeur est repérée tôt, plus les chances de guérison sont augmentées.

L'arrivée des thérapies ciblées, depuis les années 2000, a également permis de reculer l'âge des décès. L’immunothérapie, qui tend à se généraliser depuis trois ans, devrait plus encore favoriser le taux de survie. En effet, "elle vise à réveiller le système immunitaire, jusqu’alors endormi par la tumeur qui se camoufle pour progresser", explique le quotidien.

Renforcer le diagnostic précoce et faciliter l'accès aux thérapies paraissent être, pour Fabien Calvo, les deux priorités. Par leur biais, "on peut se donner comme objectif de venir à bout de 75% des cancers d’ici 2030", espère-t-il.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)