Cancer du sein : 48 morts liées au docétaxel

Selon une enquête de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) sur le docétaxel, ce médicament générique prescrit dans le traitement de certains cancers serait responsable d'au moins 48 morts entre 1996 et 2016.

"A éviter temporairement." Telle était la recommandation de l'Institut national du cancer (Inca) et de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en février 2017 au sujet du docétaxel, ce générique intervenant dans le traitement du cancer du sein opérable. A l'époque, Le Figaro du 15 février 2017 évoquait au moins sept décès entre 1996 et 2016 après la prise de cette molécule, rappelle-t-on.

Dans un communiqué publié le 29 mars 2017, l'ANSM revoit les chiffres à la hausse. Alors que Le Figaro, qui dit avoir consulté les résultats de l'enquête de pharmacovigilance lancée en septembre dernier, annonçait hier 27 morts liées aux effets indésirables du produit – "l'Agence parle maintenant de 48 morts" – des suites de "187 cas de colites ou de chocs septiques", corrige Libération.

Pour autant, souligne l'agence sanitaire, "les décès restent rares (de l'ordre de 1/10.000) pour un médicament qui a permis de réduire la mortalité dans de très nombreux cancers". Il n'empêche, poursuit l'ANSM, "dans l'attente d'éléments complémentaires, la recommandation d'éviter l'utilisation du docétaxel dans les cancers du sein localisés opérables est maintenue".

Actuellement, précise Sud-Ouest, le docétaxel, qui représente plus de 50% du marché, est utilisé par la plupart des centres de lutte contre le cancer.

Même s'il vise majoritairement des patientes atteintes d'un cancer du sein, il peut également être prescrit pour d'autres cancers. Il fait partie des néo-adjuvants, explique L'Express, "c'est-à-dire qu'on l'injecte afin de réduire la taille d'une tumeur avant une opération". Toutefois, "on peut aussi l'utiliser après l'intervention chirurgicale, pour nettoyer les tumeurs cancéreuses".

Dans une enquête approfondie titrée "Docétaxel : chronique d'un désastre annoncé", "le magazine du cancer au féminin", Rose, s'interroge sur la responsabilité de l'ANSM, alertée des effets nocifs de l'anticancéreux depuis 2010 : "Peut-on sérieusement espérer d'une agence de santé publique que son rôle se limite à celui, après coup, du décompte morbide des victimes d'un médicament ?", questionnent Céline Lis-Raoux et Claudine Proust.

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Frédéric Lavignette

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