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Cancer : mieux signaler les effets secondaires

Les effets indésirables des traitements contre le cancer font l'objet de plus en plus d'attention. Il s'agit d'éviter que ces symptômes n'entraînent l'arrêt intempestif des thérapies anticancéreuses.

Depuis sept ans, les patients traités pour un cancer peuvent signaler les effets secondaires de leurs traitements sans passer par un professionnel de santé. Mais la plateforme Internet mise en place à cette fin en juin 2011 est encore très peu fréquentée, relève Le Figaro.

D'après les données de l'Agence du médicament (ANSM), seuls 2% des patients en cancérologie avaient indiqué en 2016 être victimes de fatigue, d'atteintes cutanées, de diarrhées, de fatigue intense ou autres de troubles de l'ouïe, du goût et de la vue.

Si ces symptômes indésirables sont souvent sans gravité, ils peuvent être fortement gênants et nuire au bon suivi du traitement. Ils conduisent dans certains cas à interrompre des thérapies efficaces, ce qui peut mettre en jeu la survie du patient. D'où l'intérêt croissant de la sphère médicale sur les témoignages de pharmacovigilance qui lui sont rapportés.

À l’Institut Paoli-Calmettes de Marseille, une infirmière a été désignée il y a deux ans pour encourager les patients à déclarer les effets secondaires sur le site Internet de l'ANSM, indique à ce titre Le Figaro. A ce jour, 185 signalements ont été déposés, alors que la base nationale de pharmacovigilance en a totalisé seulement 215 en quatre ans concernant les traitements des cancers.

Ces déclarations visent d'une part à proposer une solution personnalisée au malade, mais aussi à "améliorer la connaissance collective du traitement, voire mettre en place des surveillances systématiques si l'on se rend compte de certains risques", explique la Dre Ségolène Duran, responsable de la pharmacovigilance de l'institut marseillais.

Pour sa part, le CHU de Toulouse a ouvert en 2006 le programme "Assistance médicale ambulatoire après cancer" (AMA-AC) dans son service d'hématologie. Initiative reprise à Lyon, Rennes et Rouen. Via des appels téléphoniques réguliers, les patients subissant ou ayant subi une chimiothérapie confient à une infirmière les troubles psychologiques ou les effets indésirables qu'ils observent. Dans le même esprit, une application pour smartphone baptisée VigiBIP est également en service.

Soucieuse de l'importance cette parole, l'ANSM développe actuellement un partenariat avec l'Inserm. Il vise à mettre en place un dispositif permettant de filtrer les centaines de milliers de messages d’internautes déposés sur les forums et réseaux sociaux, et ainsi "repérer des associations récurrentes entre un médicament et un effet indésirable".

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)