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Cancer : les établissements de santé mutualistes doivent être « exemplaires »

Un colloque organisé le 6 juin par le Groupe hospitalier de la Mutualité française (GHMF) et l’Institut national du cancer (Inca) a montré la forte implication des établissements mutualistes dans la prise en charge du cancer. Pour poursuivre cette activité, ils devront désormais répondre à de nouveaux critères de qualité. "Nos établissements doivent être exemplaires !", a indiqué le président de la Mutualité française.

La cancérologie est un fil conducteur dans l’activité des établissements mutualistes, aussi bien dans la prise en charge chirurgicale que pour les traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. C’est ce qui ressort d’un colloque organisé le 6 juin par l’Institut national du cancer (Inca) et le Groupe hospitalier de la Mutualité française (GHMF).

Composé de 29 établissements, le GHMF a totalisé "14.500 séances de chimiothérapie en 2006, dont 13.820 en hôpital de jour", a indiqué Catherine Keller, directrice du pôle hospitalier mutualiste de Saint-Nazaire (PHMSN). Les volumes d’activité chirurgicale en cancérologie sont également significatifs. Ils représentent 2.240 séjours en chirurgie urologique, 1.930 en chirurgie digestive, 1.200 en chirurgie mammaire, 650 séjours pour l’activité thoracique, 500 pour la gynécologie et 480 en ORL.

Pour pérenniser cette offre de soins, les établissements mutualistes qui prennent en charge des patients atteints de cancer doivent désormais satisfaire aux nouvelles normes de sécurité et de qualité des soins. Les établissements devront se mettre aux normes afin d’obtenir une autorisation d’exercer, au plus tard "en mai 2011", a rappelé la Dre Christine Bara, directrice du département qualité des soins de l’Inca.

Les textes d’application concernant ce dispositif d’autorisation sont parus en mars 2007. Il a été créé afin de "répondre aux attentes des malades", poursuit Christine Bara. "Les patients veulent savoir où ils peuvent avoir accès à un traitement de qualité", lance le Dr Philippe Bergerot, radiothérapeute au PHMSN et vice-président de la Ligue nationale contre le cancer.

Des seuils minimals d'activité

Avec Priorité santé mutualiste, dont une "thématique forte" est le cancer, l’exigence de qualité est une nécessité. "Nous ne pouvons pas demander la qualité aux autres si nous ne la pratiquons pas aussi", affirme le président de la Mutualité française. "Nos établissements doivent être exemplaires!", insiste Jean-Pierre Davant. "Les établissements du GHMF s’investissent pour améliorer la prise en charge et donc mieux servir les patients", félicite le Pr Dominique Maraninchi, président de l’Inca.

Concrètement, cette autorisation d'exercer sera accordée aux établissements en conformité avec certains critères comme des seuils minimals d’activité. En chirurgie, ce seuil est fixé à 30 interventions par an pour les cancers du sein, digestifs, urologiques et thoraciques. Il est de 20 pour les cancers gynécologiques, de la sphère ORL et maxillo-faciale. En chimiothérapie, 80 patients doivent être traités annuellement, dont au moins 50 en ambulatoire (hospitalisation de jour). En radiothérapie, l’activité minimale se situe à 600 patients par an. Des seuils plus détaillés et déclinés par spécialité devraient être prochainement publiés.

Les établissements doivent aussi mettre en oeuvre un dispositif d’annonce de la maladie, Ils doivent également remettre au patient un programme personnalisé de soins (PPS). Le malade doit pouvoir accéder aux soins de support (accompagnement psychologique, prise en charge de la douleur, suivi nutritionnel...), aux innovations et à la recherche clinique.

Aujourd’hui, "900 établissements sur 1.166 seraient autorisables au moins pour l’une des trois activités que sont la chirurgie, la chimiothérapie ou la radiothérapie, soit 78% ", estime Marie-Hélène Rodde-Dunet, responsable du département dispositif de soins de l’Inca. Ce taux est de 68% pour la chimiothérapie et de 100% en radiothérapie.

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)