Cancer : l’engagement de l’AP-HP

"Nous cherchons à être parmi les "meilleurs élèves' du plan cancer national, lancé il y a exactement deux ans par le président de la République ", assure le directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, dans un entretien au Journal du dimanche (page 17). Son "premier souci" : la rapidité de la prise en charge des patients, "car tout temps perdu est aussi une perte de chances. D'où, d'ici à la fin de l'année, la possibilité de prendre rendez-vous en ligne, directement ou via son médecin traitant, explique-t-il. Nous garantissons à tous d'être pris en charge dans les 48 heures, toute l'année, vacances d'été incluses".

Sa "deuxième priorité" est de "penser d'emblée à la vie après le cancer", qui se traduit par "la garantie pour toute femme de pouvoir bénéficier d'une reconstruction mammaire sans reste à charge, alors qu'une femme sur cinq doit actuellement y renoncer pour des raisons financières". Autre avancée : "Depuis janvier, toute personne traitée par des médicaments anticancéreux menaçant la fertilité pourra avoir ses gamètes préservés" afin de laisser "ouverte la possibilité d'avoir des enfants", précise le patron de l’AP-HP.

Outre les engagements sur le cancer, Martin Hirsch aborde d'autres sujets, comme le récent suicide d'un cardiologue à l'hôpital européen Georges-Pompidou. "Maintenant que la communauté [médicale NDLR] a pris conscience de la nécessité de changements profonds", il faut "les mettre en œuvre sur l'ensemble de l’AP-HP ; ainsi rétablir les conseils de service où l’on peut s’exprimer ; permettre un entretien annuel pour chaque médecin, (…) s'assurer des compétences managériales préalablement à l'exercice de responsabilité", estime-t-il.

Pourquoi avez-vous tant de mal à négocier les 35 heures dans les hôpitaux parisiens ? "Parce que derrière la question des horaires, il y a celle de la qualité de vie au travail et la conciliation d'une vie professionnelle parmi les plus exigeantes et d'une vie familiale difficile en région parisienne ", indique le directeur général de l'AP-HP.

Mediator® : le préjudice d'anxiété reconnu

Ils ne sont pas malades à cause du Mediator®, mais inquiets d'en avoir pris. Le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre (Hauts-de-Seine) a condamné jeudi le laboratoire Servier à payer 1.500 euros de provisions sur indemnisations au titre du préjudice d'anxiété à douze consommateurs de ce médicament incriminé dans un scandale sanitaire, rapporte Le Monde de samedi (page 12). Le "préjudice d'anxiété" a été consacré en 2010 par la Cour de cassation et a donné lieu depuis à de nombreuses indemnisations, notamment pour les victimes de l'amiante.

Ces douze victimes du Mediator® ont vu leur angoisse reconnue car elles en ont démontré la réalité : "un suivi médical contraignant dans les deux années suivant" l’arrêt de la prescription du médicament ou de sa commercialisation, en novembre 2009, "et au-delà", comme l'ont expliqué les magistrats, "un risque qui ne peut être actuellement exclu de développer une hypertension artérielle pulmonaire (HTAP)"

"Cette décision du tribunal de Nanterre, en référé, est une belle victoire", estime, dans Le Monde, Me Martine Verdier, l'avocate des victimes du Mediator®. Son confrère, Me Charles Joseph Oudin, qui a déjà annoncé faire appel des trente-huit dossiers rejetés, y voit "une forme de satisfaction que la justice apporte au consommateur du Mediator®, qui attend toujours qu'un procès pénal se tienne". De son côté, Servier va aussi "réfléchir à la possibilité de faire appel", selon l'un de ses avocats, Me Nathalie Carrère.

Le scandale du Mediator®, révélé en 2007 par le Dr Irène Frachon, fait l'objet de plusieurs procédures judiciaires civiles, pénales et administratives. Le TGI de Nanterre a reconnu pour la première fois en octobre la responsabilité civile de Servier sur le fondement de la défectuosité du médicament, mais l'affaire doit encore être tranchée en appel. Le Mediator® pourrait être responsable à long terme de 2.100 décès, selon une expertise judiciaire.

En bref

Social

  • "La fin du salariat vraiment ?" Le travail indépendant se développe à tel point que certains pronostiquent déjà la fin du salariat. Comment aligner la protection sociale au mode du travail de demain ? La Croix pages 13 et 15.
  • "Allocations chômage : El Khomri ouvre une brèche." La ministre du Travail n'exclut pas une dégressivité des indemnités pour les demandeurs d’emploi. Le Parisien/Aujourd'hui page 5.

Santé

  • "Faut-il avoir peur du virus Zika ?" L'OMS, qui se réunit aujourd'hui à Genève, s'inquiète de l'ampleur de l'épidémie qui frappe l'Amérique du Sud, touche les Antilles françaises et pourrait menacer la métropole au printemps. Le Parisien/Aujourd'hui pages 1 à 3 et Le Monde de samedi page 6.
  • "Méditer pour mieux se soigner." Après avoir fait ses preuves contre l'anxiété, le stress ou la douleur, la méditation de pleine conscience pourrait aussi aider les enfants obèses à perdre du poids. Le Figaro-santé page 9.
  • "Perturbateurs endocriniens : attention, mélanges toxiques !" La preuve de l'"effet cocktail" renforçant la dangerosité de certaines substances chimiques a été apportée. Il s’agit d'un enjeu de santé publique. Les Echos page 13.
  • "Surdité : à tout âge, le dépistage doit être précoce." On sait maintenant répondre au mieux aux différents types de déficit auditif tout au cours de la vie. Le Figaro-santé page 10.
  • "Généraliser l'allaitement maternel sauverait 800.000 enfants par an." Cette pratique réduirait aussi de 20.000 le nombre de décès par cancer du sein chez les mères dans le monde, selon une étude médicale parue vendredi dans The Lancet. Le Monde de samedi page 6.

Economie

  • "Hépatite C : Merck casse les prix." Le laboratoire pharmaceutique américain Merck casse les prix dans le traitement de l’hépatite C, avec son nouveau médicament, Zepatier®, 35% moins cher en moyenne que ses concurrents Gilead Sciences® et Abbvie®. Le Figaro-économie page 25.

 

 

John Sutton

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