Cancer : l’espoir des nouveaux traitements

Les 2es rencontres parlementaires sur le cancer se sont tenues le 21 février, à Paris. Elles ont permis de faire le point sur les nouvelles avancées scientifiques, en particulier les thérapies ciblées. Celles-ci permettent d’agir directement sur les cellules cancéreuses afin de stopper leur évolution et les détruire, y compris à des stades avancés de la maladie.

Un espoir dans le traitement des cancers : les thérapies ciblées s’attaquent directement aux cellules cancéreuses et engendrent moins d’effets secondaires. Les 2es rencontres parlementaires sur le cancer, qui se sont tenues le 21 février à la Maison de la chimie (Paris), ont notamment permis de faire le point sur ces dernières avancées scientifiques. Ainsi, dans le domaine du cancer du sein, la molécule trastuzumab (Herceptin®), administrée par voie orale, a "démontré son intérêt dans le traitement de la maladie à des stades avancés, avec métastases", a expliqué le Pr Pierre Fumoleau, directeur du centre régional de lutte contre le cancer de Dijon (Côte-d’Or). A terme, le cancer du sein métastasique pourrait devenir "une maladie chronique".

Améliorer la qualité de vie

Autre exemple de traitement prometteur : la molécule lapatinib, également utilisée par voie orale, provoque "un blocage de la prolifération tumorale". Particulièrement fine par rapport à d’autres molécules, elle réussit à passer "la barrière méningo-cérébrale" afin de s’attaquer aux métastases du cerveau et les détruire, poursuit le Pr Pierre Fumoleau. De la même façon, la molécule imatinib (Glivec®) a été citée pour ses bénéfices dans la lutte contre la leucémie. Pour le Pr Pierre Fumoleau, tous ces nouveaux traitements, encore peu développés, vont améliorer considérablement la qualité de vie des patients. A titre d’exemple, une hospitalisation à domicile sera plus facilement envisageable. De nouveaux progrès sont attendus car "beaucoup de produits" sont à venir, affirme Christian Cailliot, directeur des partenariats scientifiques du laboratoire Amgen.

Créer des filières de soins

S’il est indispensable, l’accès aux nouveaux traitements ne suffit pas pour améliorer la prise en charge des malades du cancer. Il faut également renforcer "la relation avec le médecin généraliste", mettre en place toute "une filière de soins", poursuit le Pr Fumoleau. "Globalement, on guérit en France un cancer sur deux. Il y a vingt-cinq ans, c’était seulement 1 sur 3", rappelle le Pr Jean Faivre, président de la Fédération nationale de cancérologie des centres hospitaliers universitaires (CHU). Comme le montrent les chiffres publiés le 21 février par l’Institut de veille sanitaire (InVS), la mortalité liée au cancer a fortement diminué depuis 1980 en France. Pour le député parisien Serge Blisko du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC), les personnes atteintes doivent désormais apprendre "à vivre après le cancer".

Paula Ferreira

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