Cancer : les inégalités sociales persistent

Les progrès médicaux réalisés ces dernières années dans la lutte le cancer ne profitent pas à tous. Particulièrement pas aux populations les moins favorisées. Le 3e plan  pour combattre la maladie est donc loin d'avoir rempli l'un de ses objectifs : que tous les patients aient la même chance de survie.

Chaque jour, indique Le Monde, près de 1.000 cas de cancers sont déclarés en France, ce qui représente pour l'année 2015 pas moins de 385.000 nouveaux malades. Sur ce nombre, 149.500 patients décèderont, dont beaucoup appartiennent aux catégories socioprofessionnelles défavorisées, celles qui ont le plus de mal à rompre avec l'exposition au tabac et à l'alcool. "Mais aussi parce que leur suivi sanitaire, le recours au dépistage et à la prévention sont moins bien assurés", ajoute le quotidien.

Même si la réduction des inégalités sociales face à la maladie figure parmi les priorités du 3e plan cancer en vigueur depuis 2014, quelques points d'achoppement demeurent. L'un des coordonnateurs du dispositif, le Pr Jean-Paul Vernant, hématologue à la Pitié-Salpêtrière (Paris, AP-HP), observe par exemple que "le problème des dépassements d'honoraires pour les échographies parfois nécessaires après mammographies, dans le cadre du dépistage organisé du cancer du sein, est en passe d'être réglé". Une situation analogue pour la prise en charge des reconstructions mammaires. En revanche, indique-t-il, les inégalités sociales persistent "pour ce qui concerne la prévention, l'accès au dépistage, le retard au diagnostic…"

Pour le moment, l'accès aux médicaments anticancéreux n'est pas un frein social, mais il pourrait le devenir avec la mise sur le marché de médicaments innovants "dont le coût peut se chiffrer en dizaines de milliers d'euros par patient et par an". En raison de leur ratio coût/efficacité insuffisant certains de nos voisins, comme le Royaume-Uni, ont fait le choix d'en dérembourser certains. Or, rappelle le quotidien, l'un des objectifs du 3e plan est de "garantir un accès égalitaire à l'innovation et aux essais cliniques, en évitant que les conséquences économiques et sociales de la maladie n'aggravent les difficultés des personnes malades".

Afin de se voir attribuer un traitement adapté à leur pathologie, certains patients sont par ailleurs obligés de se rendre à l'étranger pour y réaliser "un séquençage du génome de leur tumeur". Il en va de même pour bénéficier de chirurgie ou de la radiothérapie considérées comme innovantes, et qui suppose, non seulement, un accès à l'information ou encore la possibilité de faire face à un reste à charge élevé.

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Frédéric Lavignette

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