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Cancer de la prostate : n’ayez pas peur du dépistage !

Dépisté précocement, le cancer de la prostate peut être traité avec succès. Un examen simple et indolore permet de faire le point sur ses risques. L’Association française d’urologie recommande de se faire examiner une fois par an entre 50 et 75 ans. Pourtant, deux hommes sur trois négligent la consultation qui peut leur sauver la vie.

Le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers de l’homme de plus de 60 ans. Chaque année, en France, cette maladie emporte entre 9.000 et 10.000 personnes, deux fois plus que les accidents de la route. Pourtant, détectées à un stade précoce, 95% des tumeurs pourraient être guéries. C’est dire l’importance du dépistage. Un examen qui, cependant, n’est pas encore intégré dans les pratiques : selon l’Institut national du cancer, à peine 36% des hommes de plus de 50 ans consultent pour ce motif.

Une enquête réalisée en 2005 par Ipsos pour l’Association française d’urologie éclaire les raisons de ce paradoxe. Selon cette étude, la nature et la fonction exactes de la prostate sont méconnues. L’imaginaire masculin tend à associer les pathologies de la prostate à la perte de virilité. S’y ajoutent la peur du ridicule liée au toucher rectal, la gêne et la crainte d’une excitation incontrôlable…

"Le meilleur moyen de dissiper ces angoisses, c’est de faire de la pédagogie, assure le Pr Guy Vallancien, chef du service urologie de l’Institut mutualiste Montsouris (IMM), à Paris. Car en réalité, il n’y a vraiment pas de quoi fouetter un chat !"

Toucher rectal et PSA

La prostate, qu’est-ce que c’est ? "Une petite glande en forme de châtaigne, située sous la vessie, qui sert à fabriquer le liquide séminal entrant dans la composition du sperme, explique le Pr Vallancien. La prostate est traversée par l’urètre, le canal qui sert à l’élimination des urines et à l’expulsion du sperme."

Il n’est pas possible de prévenir l’apparition du cancer de la prostate. Mais on peut le dépister très tôt dans son évolution, lorsqu’il est encore très petit. Pour cela, le médecin introduit son index recouvert d’un doigtier imprégné de vaseline dans l’anus. Il palpe la prostate avec ce doigt, aidé par l’autre main placée sous le ventre. Il recherche une zone dure, susceptible de révéler un cancer. S’il a un doute, un prélèvement de la zone sera effectué puis analysé en laboratoire.

"Le toucher rectal ne permet pas de diagnostiquer tous les cancers, précise Guy Vallancien. Pour savoir s’il existe des cellules cancéreuses que le doigt n’a pas su percevoir, il est nécessaire de faire un autre examen : une prise de sang qui permet de doser une substance appelée antigène spécifique de la prostate (ou PSA)."

Les résultats croisés de ces deux tests permettent de déterminer l’existence d’une tumeur. Dans un second temps, des examens biologiques plus poussés vont permettre d’évaluer sa gravité et de déterminer le traitement adéquat.

Entre 50 et 75 ans

"Dans la prostate, des cellules cancéreuses sont très souvent présentes, mais elles ne se développent pas : on dit qu’elles sont à l’état latent. Dans ce cas, elles ne nécessitent pas de soins particuliers, souligne le Pr Vallancien. Mais parfois, elles évoluent. Il est donc important de se faire examiner régulièrement pour reconnaître à temps l’apparition de “véritables” cancers."

L’Association française d’urologie recommande de se faire examiner une fois par an entre 50 et 75 ans - dès 45 ans si l’on appartient à une famille à risque, c’est-à-dire si au moins deux des membres de sa famille sont atteints par cette forme de cancer.

Les traitements varient en fonction de la gravité de la maladie et de l’âge du patient : traitement chirurgical, radiothérapie externe, hormonothérapie… "Les techniques sont de plus en plus précises et les effets secondaires comme les pertes urinaires ou l’impuissance sont de mieux en mieux maîtrisés, assure Guy Vallancien. Mais plus on agit tôt, meilleur est le pronostic."

Victor, 66 ans : Le dépistage m’a sauvé la vie

"C’est ma femme qui m’a convaincu de faire contrôler ma prostate. Sans elle, je serais mort, raconte Victor, 66 ans, en caressant du regard son épouse Marie-Eve. Je me portais comme un charme, poursuit-il, donc, je ne voyais pas de raison d’aller consulter un médecin. Et puis, voir un urologue… Nous autres, les hommes, nous n’avons pas l’habitude d’aller montrer nos parties intimes à un docteur !
"Marie-Eve a eu l’intelligence de comprendre tout ça. Elle a même deviné que s’occuper de sa prostate, pour un mâle, implique de reconnaître qu’on n’est plus tout à fait un jeune homme ou, en tout cas, qu’on a passé un certain cap. Pas facile…
"Au final, on se fait une montagne pour rien. Le toucher rectal n’est ni douloureux ni humiliant. Et le dosage de PSA, en ce qui me concerne, a révélé la présence d’une tumeur à évolution rapide. J’ai été soigné par radiothérapie. Deux ans après, je m’en tire sans effet secondaire… et avec une envie de vivre décuplée !"

Cédric Portal

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)