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Cancer : les coûts des traitements sous-estimés

Les Français sous-évaluent largement le coût des traitements du cancer, comme le montre l'enquête annuelle de l’Observatoire cancer de l'Institut Curie et Viavoice.

Les Français sous-évaluent largement le coût des traitements du cancer, selon les résultats d'une enquête de l'institut Curie et Viavoice, publiés dans Le Figaro.

Plus de la moitié d'entre eux estime qu’une journée d’hospitalisation en service spécialisé coûte moins de 500 euros, alors que le coût réel est de trois à quatre fois supérieur. Un quart pense qu’habituellement une chimiothérapie pour cancer du sein ne dépasse pas 500 euros, alors que le coût réel varie entre 5 200 à 31 200 euros, selon la molécule utilisée. C’est pire lorsque l’on aborde la question des médicaments innovants, dont les prix varient entre 80 000 et 116 000 euros, puisque seulement 3 % des Français en ont conscience. Un sur cinq imagine des coûts inférieurs à 500 euros.

"Cette méconnaissance des coûts des traitements n’est pas vraiment surprenante car lorsque l’on est pris en charge,  on a aucune information dessus", estime, dans Le Figaro, Isabelle Huet-Dusollier, ancienne patiente et responsable des partenariats à "Rose Magazine". "En tant que soignants, on ne s’intéresse pas au prix du médicament, reconnaît de son côté le Pr Christophe Le Tourneau, responsable des essais cliniques précoces et de la médecine de précision à l’institut Curie. Ce qui pourrait nous révolter, ajoute-t-il, serait de ne pas avoir accès en France à un médicament que l’on sait efficace."

Pourtant, devant l'augmentation astronomique des nouveaux traitements du cancer, la situation finira par être intenable. Tous les acteurs du secteur en conviennent. Les laboratoires pharmaceutiques le savent. "Mais chaque industriel du médicament à l’œil rivé sur son produit et cherche légitimement à maximiser son retour sur investissement", observe le journaliste du Figaro, Damien Mascret.

"Les ministres de la Santé successifs le savent aussi. Mais ils doivent se débrouiller avec une Haute Autorité de santé (HAS), censée faire une évaluation médico-économique de l’intérêt de chaque nouveau médicament, mais qui n’en a jamais refusé un pour des motifs économiques", poursuit Damien Mascret.

D’autre part, le ministère de la Santé doit composer avec la tutelle de Bercy. Il y a un an et demi, 110 cancérologues français lançaient un appel dans Le Figaro contre l’explosion "injustifiée" du coût des traitements. "L’industrie pharmaceutique détermine ses prix en fonction de ce que le marché est prêt à payer", soulignait alors l’un des initiateurs de l’appel, le Pr Jean-Paul Vernant.

Les 110 signataires demandaient "un système d’arbitrage des prix plus démocratique et plus transparent, en y associant de façon structurelle des représentants des patients et des professionnels de santé". "Depuis ? Rien n’a changé", dénonce Le Figaro.

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John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)