Cancer colorectal : l’incitation au dépistage organisé est lancée !

La semaine nationale contre le cancer colorectal, qui se tient jusqu’au 30 mars, marque le coup d’envoi d’une mobilisation nationale et locale pour promouvoir le dépistage organisé de cette maladie. Avec 37.000 nouveaux cas par an, cette pathologie représente le troisième cancer en termes d’incidence et le deuxième en termes de mortalité, après celui du poumon.

Chaque année, 17.000 personnes décèdent d'un cancer colorectal. Le dépistage organisé auprès des 50-74 ans, proposé gratuitement, pourrait "diminuer la mortalité de 15 à 20%". Pour cela, il faudrait atteindre "50% de participation", a indiqué le 18 mars Francis Larra, président de la Ligue contre le cancer. A l’heure actuelle, 88 départements sont déjà engagés dans ce dispositif de prévention. Il devrait être généralisé "d’ici fin 2008", affirme Dominique Maraninchi, président de l’Institut national du cancer (Inca).

Des chances de survie accrues

Le dépistage précoce est d’autant plus important que "60 à 80% des cancers colorectaux se développent à partir d’une tumeur bénigne, appelée polype ou adénome", explique Dominique Maraninchi. Seuls 10% des adénomes atteignent la taille de 1 cm de diamètre et, parmi eux, environ un quart évolue en cancer. La transformation en tumeur maligne dure environ dix ans. "Lorsqu’un cancer est décelé grâce au dépistage, il sera très souvent plus petit, avec un traitement moins mutilant", poursuit-il. Les chances de survie sont également accrues : elles sont de 94% à cinq ans pour un cancer repéré en stade I, mais seulement de 5% en stade IV…

Concrètement, comment participer au dépistage organisé ? Simplement en répondant à un courrier. Avant la fin de l’année, les personnes concernées recevront automatiquement une invitation à se rendre chez leur médecin traitant. Celui-ci évaluera l’état de santé du patient et lui remettra un test Hémoccult® s’il est éligible au dépistage organisé. Le patient effectuera lui-même ce test en prélevant "sur trois selles consécutives, un petit fragment de la taille d’une lentille ou d’un grain de riz qu’il faut déposer sur une plaquette", précise l’Inca. L’analyse est ensuite réalisée par "des centres de lecture habilités", précise la Dre Juliette Bloch, de l’Institut de veille sanitaire (IVS).

Si le test est négatif, le patient sera incité à renouveler cette opération deux ans plus tard Il sera également sensibilisé aux signes d’alerte qui doivent conduire à consulter sans tarder : présence de saignements dans les selles, troubles du transit récents (diarrhée ou constipation), douleurs abdominales, amaigrissement… Lorsque le test est positif - ce qui est le cas dans 2 à 3% des cas - le généraliste prescrira alors une coloscopie afin de rechercher des lésions dans le côlon ou le rectum.

Détecter "les personnes les plus à risque"

Pour l’heure, "la sensibilité du test est de 50%, c’est-à-dire qu’il ne détecte que la moitié des cancers", ajoute Juliette Bloch. Néanmoins, il permet de repérer "les personnes les plus à risque". Dans un avenir très proche, "des tests immunologiques" dotés d’une "meilleure sensibilité" pour rechercher du sang dans les selles, pourraient être utilisés, affirme le directeur général de la Santé, Didier Houssin.

Pour accompagner la montée en charge du dépistage, un important dispositif de communication est prévu. Un courrier et un document de huit pages ont été envoyés mi-mars à 58.000 médecins généralistes et 4.000 gastro-entérologues. Une campagne de communication sera diffusée à la télévision et à la radio en septembre prochain. Afin de soutenir des actions locales, l’Inca a créé des outils de communication : une affichette et une carte d’information respectivement éditées à 20.000 et 150.000 exemplaires. Elles déclineront le slogan "Le plus souvent, dépisté à temps, un cancer colorectal n’est pas méchant !". Enfin, une exposition itinérante, installée dans un bus, sillonnera une dizaine de villes jusqu’en juin prochain.

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)