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« Cancer and the city » : une BD qui illustre la maladie au quotidien

Annonce de la maladie, angoisses, examens, chimiothérapie : ces épreuves subies par les malades du cancer sont racontées en détail, mais avec un humour décapant, dans la bande dessinée "Cancer and the city". Victime d’un cancer du sein à l'âge de 43 ans, une illustratrice new-yorkaise décrit son quotidien avec la maladie et son combat pour la vie.

Emotion, amour, humour et graphisme décapant ! C’est avec ce cocktail détonnant qu’une illustratrice new-yorkaise, Marisa Acocella Marchetto, a décidé de raconter l’expérience qui l’a "changée à jamais" : un cancer du sein à l'âge de 43 ans alors qu’elle est au sommet de sa carrière et à la veille de son mariage. Dans sa bande dessinée intitulée "Cancer and the city"(1) - en référence à la célèbre série télé américaine "Sex and the city" aux héroïnes actives et très "tendances" - elle raconte sa détermination pour conjurer ce mauvais coup du destin. "Ecoute saleté de cancer… Ce n’est pas le moment !", hurle-t-elle à la tumeur, représentée comme la mort avec sa faux.

A travers ses dessins et sur fond d’histoire d’amour, l’auteure évoque, sans détours, son désarroi lors de l’annonce de la maladie. Elle montre aussi combien elle s’est sentie perdue face aux multiples informations trouvées sur Internet et aux conseils un peu trop nombreux de ses proches. Ses doutes sont notamment exprimés dans une sorte de jeu de l’oie qu’elle nomme "Le cancer en 100 devinettes". Mais "où est le départ ?", ironise-t-elle devant toutes ces interrogations.

"Quelles conséquences sur la vie quotidienne ?"

En toute sincérité, Marisa Acocella Marchetto évoque l’ensemble des questions qu’elle s’est posées au cours de sa prise en charge. "Combien de temps serai-je hospitalisée ?", "quelles conséquences sur ma vie quotidienne ?", "combien de ganglions allez-vous m’enlever ?", "à quel stade était le cancer ?", "pourquoi dois-je faire une chimio ?", "serai-je crevée ?", "j’aurai beaucoup de nausées ?", "est-ce que ça empire à chaque traitement ?"

Certaines informations médicales compliquées sont évoquées de manière très accessible. Ainsi, le ganglion sentinelle est comparé à un péage. "S’il y a des cellules cancéreuses dans les ganglions, il y en a dans le ganglion sentinelle, forcément", explique un de ses médecins. Pour détecter ce ganglion, un élément radioactif et un colorant bleu sont injectés dans le sein. Fidèle à son humour, l’auteure ne manque pas de raconter qu’elle a fait un "pipi bleu" pendant une semaine !

Le récit détaillé de son parcours au fil des jours permet d’appréhender au plus juste les traitements. Elle a d’ailleurs enregistré ses entretiens avec les praticiens pour ne pas en perdre une miette ! C’est toujours avec beaucoup de dérision qu’elle explique les multiples examens qu’elle subit, à commencer par la mammographie : "Le sein ratatiné... écrabouillé... pincé... et coincé... Pourquoi ne fait-on pas ça aux testicules ?"

Récit de 8 séances de "chimio"

L’auteure décrit aussi ses 8 séances de chimiothérapie, suivies d’un traitement de radiothérapie de 6 semaines et demi. Elle évoque ainsi son diagramme "chimio-énergétique" et témoigne de son état durant les 20 jours qui séparent deux séances. Au deuxième jour, gonflée à bloc en raison du traitement de corticoïdes ! Au 10e jour au "fond du trou" avant de retrouver peu à peu de l’énergie pour la séance d’après.

A l’opposé, certaines illustrations sont volontairement plus réalistes, comme par exemple le dessin en taille réelle de la seringue utilisée pour une biopsie ainsi que des prélèvements effectués. Quelques photos viennent aussi compléter cette BD, à l’instar de la tumeur qui apparaît dès la première page : "Voici la tumeur, on dirait un trou noir ?", écrit-elle.

Autre sujet primordial abordé dans cette BD : les problèmes financiers liés à la prise en charge. Lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein, Marisa Acocella Marchetto avoue à son fiancé qu’elle n’est plus assurée "depuis quelques mois". Malgré l’angoisse liée la maladie, elle considère cette situation comme "le pire instant" qu’elle ait vécu. "Ne pas avoir d’assurance santé augmente de 49% le risque de décès lié au cancer du sein chez la femme, indique-t-elle. Et quand on en a le plus besoin, c’est toujours plus difficile d’en trouver une... Pourquoi ?"

(1) Cancer and the city, écrit et illustré par Marisa Acocella Marchetto. Editeur L’Iconoclaste. 224 pages. 22,90 euros.

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)