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Budget de la Sécu : le gouvernement défend sa copie

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2019 est examiné à partir de ce mardi 23 octobre par les députés. Face aux critiques, la ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, justifie les choix du gouvernement.

Les débats autour du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2019 s'annoncent "longs et âpres". Tel est le sentiment d'Olivier Véran, le rapporteur général (LRM) de la commission des Affaires sociales, alors que l'examen du texte débute, ce mardi 23 octobre 2018, à l'Assemblée.

Certes, les motifs de crispation sont multiples, rapporte Le Figaro, et pas seulement de la part des députés de l'opposition : côté santé, en effet, 3,8 milliards d'euros d'économies sont au programme, tandis que du côté des prestations sociales, le gouvernement mise sur une réduction des dépenses de 1,8 milliard d'euros. A quoi s'ajoute la question de la hausse de la CSG pour les retraités, même si 350.000 des plus modestes d'entre eux bénéficieront d'une exonération de cette mesure.

Sur le plan médical, souligne le quotidien, l'exécutif doit présenter un amendement qui instaure le "forfait de réorientation". Celui-ci sera attribué aux services des urgences qui dirigeront les patients aux pathologies légères vers les médecins de ville. Sur les 23 millions de personnes qui se présentent annuellement aux urgences, 6 millions pourraient s'en dispenser, estime l'exécutif. De fait, à chaque "réorientation" réalisée, un forfait de 60 euros sera accordé aux hôpitaux.

Du côté des médecins, cette mesure passe mal. En témoigne la réflexion de Philippe Vermesch, président du SML : "On pressure les soins de ville libéraux parce qu'ils travaillent trop, et on récompense les hôpitaux pour qu'ils lèvent le pied. On marche sur la tête !"

Cela dit, la profession s'irrite également d'un autre amendement, lequel prévoit d'autoriser dans trois ans tous les pharmaciens du territoire à prescrire certains médicaments. Dans un entretien aux Echos, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, justifie cette dernière initiative en déclarant qu'elle est "très favorable à tout ce qui peut permettre de libérer du temps médical aux médecins".

Par ailleurs, la ministre défend les choix du gouvernement concernant le quasi-gel des prestations sociales. Les allocations familiales, tout comme les retraites, ne seront revalorisées que de 0,3% en 2019, alors que l'inflation prévue s'élève à 1,3%. Une désindexation qui pourrait rapporter 260 millions d'euros à la Sécurité sociale "sur le dos des familles", s'agace un député LR dans Le Figaro. D'après les estimations de l'Institut des politiques publiques, 25% des Français les moins aisés seront pénalisés par les mesures fiscales et sociales prises en 2018-2019.

"Sur le pouvoir d'achat des moins aisés, il faut arrêter de cantonner ces évaluations aux seules prestations monétaires qu'ils reçoivent", rétorque Agnès Buzyn aux Echos. Des aides diverses en faveur des familles et des retraités sont redéployées par ailleurs, ajoute-t-elle. Que ce soit au niveau des crèches, des cantines, voire dans le secteur de la santé, où un investissement supplémentaire de 400 millions d'euros sera engagé, lequel profitera largement aux retraités, évoque-t-elle.

De surcroît, souligne-t-elle, "les retraités modestes vont être les premiers bénéficiaires du reste à charge zéro sur l'optique, le dentaire et les appareils auditifs, ainsi que de l'élargissement de l'accès à une assurance complémentaire santé qui va concerner 1,2 million de personnes".

De fait, "un retraité touchant moins de 1.000 euros par mois va voir le coût de sa couverture complémentaire santé diminuer de 30 euros par mois, c'est sans commune mesure avec les effets d'une revalorisation plus faible des pensions !"

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)