Bras de fer

La négociation sur les tarifs des généralistes, qui doit se tenir ce matin entre l'assurance maladie et trois syndicats de médecins, risque de tourner court. Pour le président de la CSMF, Michel Chassang, "on va au clash", prédit-il dans La Tribune (page 26).

Comme le rappellent Les Echos (page 3), la CSMF demande un alignement "avant la fin de l'année" du montant de la consultation du généraliste sur celui du spécialiste, autrement dit 23 euros. De son côté, indique La Tribune, l'assurance maladie propose "d'accorder un euro au début du deuxième semestre 2007 et de conditionner l'augmentation à 23 euros, en 2008, aux résultats des médecins en termes de maîtrise médicalisée (baisse des prescriptions sur certains médicaments et des arrêts de travail)".

Dans ce bras de fer avec l'assurance maladie, les syndicats médicaux "ont le soutien du ministre de la Santé, Xavier Bertrand, également porte-parole du candidat UMP à l'élection présidentielle, qui a, de son côté, promis d'augmenter les généralistes au plus vite s'il est élu", soulignent Les Echos. "Les médecins généralistes jouent du contexte électoral pour arracher une hausse des honoraires", titre d'ailleurs ce quotidien économique.

Pour sa part, la CSMF a déjà prévenu. En cas d'échec des négociations, ce syndicat "se mettra en congés de la convention et les dépenses de santé repartiront à la hausse, car les médecins ne feront plus d'effort de prescription pour réaliser des économies", indique Michel Chassang.

Interrogé par Les Echos, Michel Régereau, président du conseil de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam), rappelle qu'il privilégie "d'autres formes de rémunération plutôt que celles basées exclusivement sur le paiement à l'acte".

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Selon l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), les services postaux et le réseau Internet contribuent largement à l'explosion du marché des médicaments contrefaits. Dans son rapport annuel, publié hier, cet organisme s'inquiète de ce trafic exponentiel des produits pharmaceutiques illégaux, indique Le Figaro (page 12). D'après certaines estimations, "il existerait aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers de cyberpharmacies illégales, comptabilisant 90% des ventes de médicaments sur la Toile : 84% d'entre elles proposent des benzodiazépines et 68% des opioïdes".

Comme le signale Le Figaro, les drogues illégales traditionnelles, comme l'héroïne, la cocaïne et l'ecstasy, ont été supplantées par des médicaments. C'est notamment le cas en Europe, aux Etats-Unis, en Afrique et en Asie du Sud Est. Par exemple, indique le président de l'OICS, Philipp Emafo, "au niveau mondial, les prescriptions légales de fentanyl (un opioïde de synthèse 80 fois plus puissant que la morphine) ont plus que triplé depuis l'an 2000". D'où le rapide développement d'un marché de médicaments volés ou contrefaits, facilement accessibles au consommateur et moins chers.

La France n'échappe pas à ces dérives, puisque "un quart des prescriptions de buprénorphine, un analgésique commercialisé principalement sous le nom de Subutex® et employé pour des traitements de substitution, serait redirigé vers le marché noir, et parfois réexporté", rapporte Le Figaro. En particulier vers les pays en voie de développement, où 25 à 50% des médicaments disponibles seraient contrefaits, estime toujours ce rapport.