Bénéficiaires de l’ACS : les franchises bientôt supprimées…

C'est cette semaine que doit être examiné par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2015, qui comprend notamment la réalisation de 3,2 milliards d'euros d'économies.

Interrogé par Le Parisien/Aujourd'hui (page 7) en tant que nouveau rapporteur du volet assurance maladie, Olivier Véran (PS, Isère) assure qu'"on ne touchera pas aux prestations des patients", et qu'"il n'y aura pas de taxes comportementales". Trois nouvelles mesures seront en revanche discutées lors de l'examen de ce texte, indique-t-il au quotidien.

L'une d'elles concerne les franchises que doivent acquitter les patients (0,50 euro par boîte de médicaments et par acte paramédical, 2 euros par transport sanitaire ainsi que le forfait de 1 euro déboursé à chaque consultation et chaque acte de radiologie ou d'analyse biologique), y compris les 1,2 million de bénéficiaires de l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS). Même si ces derniers vont bénéficier du tiers payant généralisé dès juillet, ils devront s'acquitter de ces franchises.

"La ministre de la Santé a été interrogée mercredi par Olivier Véran sur l'éventualité de supprimer ce reste à charge pour les bénéficiaires de l'ACS, qui y seraient encore soumis", indique Le Parisien/Aujourd'hui. Une étude d'impact de ces franchises et forfaits (estimés entre 10 et 20 millions d'euros) pourrait être menée en vue de la suppression de ce reste à charge. "Sans s'engager, la ministre n'a pas fermé la porte à cette idée que défendra le rapporteur", note le quotidien.

Une autre mesure proposée par le dé­puté concerne la chirurgie ambulatoire que souhaite développer le gouvernement pour réduire les séjours à l'hôpital. cette dernière consiste à entrer à l'hôpital et à en sortir le même jour, après son intervention. Or certains patients habitent loin des établissements de soins et sont obligés de séjourner à l'hôtel sans la surveillance médicale parfois nécessaire.

Des "hôtels hospitaliers" ont certes déjà fait leur apparition à proximité des hôpitaux, mais ces structures, plus économiques qu'une chambre d'hôpital (environ 50 euros la nuit au lieu de 1.250 euros, selon les calculs du député), restent à la charge du patient, écrit le quotidien.

Olivier Véran va donc déposer un amendement pour expérimenter la construction d'hôtels hospitaliers, comprenant par exemple une infirmière 24 heures sur 24. Ils seraient financés par le fonds d'investissement régional. Le prix de la nuit serait pris en charge par l'assurance maladie.

Enfin, Olivier Véran propose qu'en cas de décès de la mère pendant un accouchement, "on puisse à l'avenir transférer au père le congé maternité (au moins trois mois)" dont elle bénéficiait.

Les soignants, malades de leur métier

La mort d'une jeune femme enceinte, à Orthez (Pyrénées-Atlantiques), à la fin septembre, a non seulement mis en lumière l'addiction à l'alcool de son anesthésiste, mais aussi tout le malaise du corps soignant.

Selon une enquête menée par le Dr Max-André Doppia, médecin au CHU de Caen et président de la commission Smart (Santé du médecin anesthésiste- réanimateur au travail) au sein du Collège français de la spécialité, en 2005, "10,9% des médecins interrogés abusaient et/ou étaient dépendants à au moins une substance psychoactive autre que le tabac, au premier rang desquelles l'alcool (pour 59% d'entre eux), suivi des tranquillisants et hypnotiques (41%)".

Ces chiffres inquiétants ne concernent pas exclusivement les anesthésistes, prévient le médecin dans Le Figaro (page 15). En effet, le burn-out concernerait aussi 40 à 60% des médecins, quelle que soit la spécialité. Une étude de 2003, conduite par la Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF), mentionne d'ailleurs que les médecins sont 2,37 fois plus nombreux que la population générale à se suicider, et que le médecin suicidaire "type" est une femme âgée de 48 ans, psychiatre, généraliste ou anesthésiste.

Les jeunes cancérologues sont également des sujets fragiles, observe une étude récente réalisée par la Société européenne d'oncologie médicale : 71% d'entre eux ont présenté au moins un facteur d'épuisement lors de l'enquête, épuisement qui s'explique par la confrontation quotidienne avec la mort et la douleur.

A celles-ci, écrit Le Figaro, s'ajoutent "la surcharge de travail, la crainte des erreurs, le harcèlement des malades, le poids de l'administratif, la non-reconnaissance du rôle du médecin et le peu de place laissée à la vie personnelle. Un stress qui n'est certes pas l'apanage des médecins. Mais eux ont des vies entre leurs mains".

Frédéric Lavignette

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