Bataille d’amendements sur la santé publique

"Ni durcissement, ni assouplissement. La loi Evin, qui encadre strictement, depuis janvier 1991, la publicité sur les boissons alcooliques en France ne sera finalement pas modifiée", écrit Le Monde (page 11) pour résumer l'issue du débat parlementaire sur l'adaptation "en fonction des supports de communication, des produits et des publics" des messages de prévention contre l'abus d'alcool. Pour la ministre de la Santé, il s'agit de "maintenir l'équilibre de la loi Evin", mais aussi "l'équilibre du projet de loi" de santé actuellement en débat à l'Assemblée nationale. Lors du débat, Marisol Touraine a toutefois donné son accord pour la mise en place prochaine d'un groupe de travail sur "les éventuelles difficultés d'interprétation" de la loi Evin.

D'autres mesures prévoyant notamment de réprimer davantage l'incitation à l'ivresse lors de séances de bizutage ou de créer une infraction sur la provocation à la consommation excessive d'alcool, ont été adoptées "sans débat, ni polémique", souligne Le Monde.
La discussion parlementaire l'a, une nouvelle fois, prouvé : "En France, les lobbies de l'alcool sont en fin de compte nettement plus puissants que ceux du tabac", constate La Croix (page 7). Le quotidien prévoit en effet que l'action des buralistes et des cigarettiers ne devrait sans doute pas empêcher l'adoption aujourd'hui du paquet de cigarettes neutre.

"Anorexie : la loi s'emmêle", titre la "une" de Libération, au sujet de l'amendement adopté mercredi par les députés, punissant l'incitation à la maigreur excessive, notamment de la part de sites Internet pro-anorexie. "Faut-il légiférer pour lutter contre l'anorexie ?, interroge Alexandra Schwartzbrod, dans l'éditorial de Libération (page 2). "Cet amendement a, en tout cas, le grand mérite d'ouvrir le débat (…), ajoute-t-elle. Il est évident que l'apologie de la maigreur faite par les magazines et les milieux de la mode est "un grand accélérateur de névrose", comme l'explique une ex-mannequin dans Libération.

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La baisse du prix des médicaments pourrait réduire les rémunérations des pharmaciens, malgré une hausse de la part forfaitaire. A l'occasion de la réunion de l'Observatoire de suivi de leurs honoraires, le 31 mars, les officinaux ont réclamé une compensation financière à l'assurance maladie, relèvent Les Echos (page 6). Mais la Cnam estime que les marges des pharmaciens resteront stables en 2015 (6 milliards d'euros), grâce à la réforme des rémunérations. Celle-ci, prévoit d'augmenter la part forfaitaire, qui passerait d'un tiers de leurs revenus en 2015 à la moitié en 2016.

Dans ce contexte, l'Union nationale des pharmaciens de France (UNPF) réitère sa demande d'une rémunération à l'ordonnance et non à la boîte, couplée à un honoraire versé par les laboratoires pharmaceutiques, en échange d'un retour d'information sur l'observance.

Les honoraires des pharmaciens dépendent encore largement du prix des boîtes de médicaments. "C'est cet impact que nous aurions voulu mesurer, explique Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). Notre perte liée aux économies de la Sécurité sociale a été estimée à 170 millions d'euros en 2015, mais ce sera peut-être plus proche de 300 millions."

Les pharmaciens ont touché par ailleurs 140 millions d'euros en 2014 (au lieu des 150 millions prévus) au titre de la substitution de médicaments génériques. L'assurance maladie estime, pour sa part, que "la substitution de génériques continuera à être bénéfique aux pharmaciens".

John Sutton

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