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Bastia, berceau de la protection de l’enfance en Mutualité

Le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, s'est rendu le 11 mai 2017, à la maison d'enfants à caractère social (Mecs) "Le Belvédère", située à Bastia. Il s'agit d'un établissement dédié à la protection de l'enfance, géré par l'Union des mutuelles de Corse santé.

A l'occasion de l'inauguration de la Maison de la Mutualité, le 11 mai 2017, à Bastia, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, a visité la maison d'enfants à caractère social (Mecs) "Le Belvédère". Cet établissement est né dans les années 1980, lorsque le conseil général de Haute-Corse a souhaité déléguer les missions de protection de l'enfance à des opérateurs extérieurs.

"C'est le fruit d'une volonté locale de l'union de Haute-Corse d'assurer ces services d'accueil de mineurs en difficulté", explique Alain Olmeta, directeur de l'établissement et également responsable des services d'action éducative en milieu ouvert, dont l'objectif est de protéger les enfants en difficulté dans leur milieu familial.

Un accueil provisoire, mais aussi de long terme

A l'heure actuelle, le "Belvédère" héberge 42 mineurs. Certains enfants ont été placés pour une durée indéterminée par décision de justice : après un débat contradictoire avec les services sociaux, qui ont détecté une ou des "information(s) préoccupante(s)" pour le mineur dans sa famille, le magistrat a jugé que la gravité de la situation nécessitait un placement en foyer ouvert. Parmi les raisons retenues : des cas de violence familiale, de conflits de couple, des difficultés psychiatriques des parents, des carences éducatives mais aussi, phénomène plus récent dû à l'intensification des flux migratoires vers l'Europe, l'isolement en France du mineur.

Les autres pensionnaires du "Belvédère" font l'objet d'un  accueil provisoire, une mesure administrative décidée par le juge pour enfant, en concertation avec la famille du mineur. Le placement peut être dû à des difficultés empêchant temporairement les parents de s'occuper de leur enfant (maladie, problèmes financiers, perte de logement…).

Un foyer ouvert aux mineurs de 3 à 18 ans

L'âge de la population des mineurs accueillis au "Belvédère" varie de 3 à 18 ans. Vingt enfants de 3 à 13 ans sont répartis dans deux unités de vie, où ils dorment en chambres doubles. Pour eux, l'emploi du temps est identique à celui d'un enfant de leur âge : départ le matin pour une des six écoles de Bastia, d'où ils reviennent à la fin des cours pour goûter, faire leurs devoirs et dîner avant de se coucher, "comme dans une famille".

Les autres pensionnaires du "Belvédère" sont 22 adolescents, âgés de 13 à 18 ans. Scolarisés ou inscrits dans un parcours d'insertion professionnelle, ils sont hébergés soit dans une unité de vie collective, soit dans un des deux appartements internes au foyer, en fonction de leur âge et de leur degré d'autonomie.

Une équipe pluridisciplinaire

Quant au fonctionnement du foyer, il est assuré par une équipe pluridisciplinaire, composée d'éducateurs spécialisés, de "maîtresses de maison" s'occupant de l'habillement, de la lingerie et de l'hygiène corporelle, de psychologues ainsi que de surveillants de nuits. "Au total, ce sont 38 équivalents temps plein qui travaillent sur le site, en comptant le personnel administratif, l'équipe de direction et les agents d'entretiens ", détaille Alain Olmeta.

Dans une optique de mutualisation des services, le site du "Belvédère" va accueillir dès 2019 la pouponnière à caractère social "A Ciucciarella". Ce qui devrait également permettre de créer des synergies entre les deux services de protection de l'enfance.

L'accueil de migrants mineurs

Les 22 adolescents du "Belvédère" partagent une singularité : tous sauf un sont de nationalité étrangère, sans parents sur le territoire français. "C'est un phénomène nouveau auquel nous sommes confrontés depuis deux ans", explique Alain Olmeta, directeur de l'établissement. Arrivés en France à l'issue d'un parcours migratoire motivé par des raisons économiques ou politiques, ils ont été dirigés vers cet établissement bastiais dans le cadre de la solidarité nationale.

Parfois victimes de violences pendant leur périple, ces adolescents passent d'abord une visite médicale qui permet de débuter un travail sur leur santé et sur leur compréhension souvent vague de la notion de protection de l'enfance. S'ensuivent quatre mois d'attente de réception du récépissé de reconnaissance de leur protection internationale, un sésame nécessaire pour être scolarisé.

Pendant ce laps de temps, un travail d'apprentissage de la langue française et d'alphabétisation est mis en place, qui permet d'instaurer un premier dialogue avec les éducateurs. Comme pour les autres mineurs, il s'agit pour les membres de l'équipe du "Belvédère" de mettre en place un projet scolaire ou en apprentissage pour les plus âgés.

Non sans difficulté, pour plusieurs raisons : "Il faut vaincre les réticences de ces adolescents, qui voudraient parfois pouvoir repartir à Paris, pour trouver du travail avec l'aide de leur communauté d'origine", note Alain Olmeta. Qui ajoute : "D'autre part, qu'ils soient d'origine albanaise, égyptienne, d'Afrique centrale, du Nord et de l'Ouest, ils ont des cultures et des modes de vie très éloignés des nôtres. C'est par un travail sur des valeurs communes, comme le vivre-ensemble, que nous tentons de faire en sorte que cette mosaïque devienne un tout."

François-Xavier Chapelle

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)