croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Baisse des charges : scénarios à l’étude

Vendredi, syndicats et patronat doivent se retrouver afin d’entamer les négociations sur les baisses de charges promises aux entreprises par le chef de l’Etat lors de ses vœux. "Formulé sur le mode du donnant-donnant", rappelle Le Parisien/Aujourd’hui (page 8), le pacte de responsabilité proposé par François Hollande vise à alléger le coût du travail des entreprises de 10 milliards d’euros, lesquels s’ajouteraient aux 20 milliards du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) préalablement accordés. En échange, les entreprises doivent s’engager à embaucher.

Reste à définir le moyen de matérialiser cette baisse des charges de 10 milliards d’euros, observe Libération (page 19). A ce titre, le Haut Conseil de financement de la protection sociale (HCFI-PS), qui doit se pencher sur la question demain, "vient de transmettre aux partenaires sociaux des simulations qui évaluent les conséquences de trois scénarios", expliquent Les Echos (page 4).

La première piste "consisterait à baisser les charges de façon uniforme", soit 2 points, pour tous les salaires. Une deuxième solution mise plutôt sur une baisse des charges des salaires moyens, jusqu’à 2,1 Smic (3.000 euros brut).Enfin, "une troisième voie consisterait à maximiser les allégements sur les revenus les plus bas, en dessous de 1,75 Smic (2.500 euros brut)".

Si le premier scénario était choisi, remarquent Les Echos, les grandes entreprises aux salaires les plus généreux (banques, assurances, chimie, pharmacie…) seraient favorisées, car elles "bénéficieraient de près de 40% des 10 milliards d’allégements". Cette option permettrait d’augmenter le PIB de 0,3 point à 0,8 point et de créer de 134.000 à 214.000 emplois en cinq ans.

Avec les deux autres pistes (allégements de charge sur les bas et moyens salaires), les PME seraient privilégiées et les créations d’emplois pourraient osciller entre 220.000 et 300.000 emplois sur cinq ans, pour des gains en termes de PIB assez proches du premier scénario, selon Les Echos, qui précisent que ces estimations du HCFI-PS sont "à prendre avec prudence".

Le HCFI-PS a également étudié "la possibilité de mettre en place une CSG progressive", indique Le Figaro (page 17), soit en revoyant la CSG sur les revenus des retraités, soit en prévoyant une re­mise en cause partielle de la déductibilité de cette contribution, "assortie d’une baisse de l’impôt sur le revenu pour ne pas accroître la pression fiscale globale".

 

Critiques sur la dernière alerte de "Prescrire"

Suite à la dernière alerte déclenchée par le magazine Prescrire, une voix s’élève pour mettre en cause les évaluations menées par cette revue, "source devenue quasi incritiquable" tant "sa parole est d’évangile".

La semaine dernière, rappelle Libération (page 17), le mensuel réclamait le retrait du marché du Motilium® et des autres médicaments composés de dompé­ridone, une molécule qu’il tient pour responsable de 25 à 123 morts subites en 2012. Depuis, souligne le quotidien, les médias ont relayé le "nouveau scandale" et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), après avoir fait la sourde oreille quelques jours, a fini par rappeler ses mises en garde quant à la prescription de ce produit destiné à calmer nausées et vomissements.

Mais d’après le Pr Bernard Bégaud, la revue a justifié sa position "par une étude présentée comme scientifique". Or, selon ce directeur d’une unité de recherche en pharmaco-épidémiologie, certaines références de cette étude n’ont pas été communiquées au public, notamment le nom de leur auteur, le protocole mis en œuvre, voire les raisons de la réaliser. Pour Bernard Bégaud, "on a franchi un nouveau pas en faisant de la science sans passer par les critères standard des revues scientifiques, dont le premier est la validation du travail par un comité de pairs".

Et d’ajouter qu'"en démocratie sanitaire, il faut avoir un minimum de garde-fous et de transparence, sinon tous les coups deviennent possibles pour défendre tel ou tel intérêt". Une source de danger pour cet expert, qui interroge : "Les critiques qui ont été adressées légitimement aux experts de certaines affaires, qui les adresse aujourd’hui à cette revue ?"

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)