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Autisme : l’Etat condamné

Sept familles ont obtenu en justice des dédommagements de l'Etat d'un montant total de 240.000 euros pour "carences" dans la prise en charge de leurs enfants autistes, rapporte Le Figaro (page 7). Dans des décisions du 15 juillet, rendues publiques hier, le tribunal administratif a condamné l'Etat à verser des dédommagements allant de 13.164 euros à 70.000 euros à sept familles. Deux de ses familles ont dû envoyer leurs enfants en Belgique, faute de pouvoir trouver une place en établissement spécialisé en France.

"Pour la première fois, la justice reconnaît la discrimination que l'Etat fait vivre aux familles et à leurs enfants", se félicite, dans La Croix (page 9), M'Hammed Sajidi, président de l'association Vaincre l'au­tisme, à l'origine des plaintes des familles.

La secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées, Ségolène Neuville, a indiqué que l'Etat ne ferait pas appel de la décision. "Je ne suis pas étonnée. En France, nous avons un retard historique dans la prise en charge des enfants autistes", a-t-elle déclaré. Dans La Croix (page 9), elle rappelle que "les 205 millions d'euros du 3e plan autisme (2013-2017) sont justement là pour rattraper ce retard". Ce plan doit permettre d'"améliorer la prise en charge d'enfants et d'adultes autistes".

Pour la première fois, la justice reconnaît la discrimination que l'Etat fait vivre aux familles et à leurs enfants.

"La justice a pris acte des insuffisances de l'Etat. Cependant, il faut considérer que d'importants progrès ont été faits, notamment avec ce 3e plan", estime, dans La Croix, Patrick Gohet, adjoint au défenseur des Droits en charge de la lutte contre les discriminations. "Ces condamnations ne peuvent que contribuer à l'accélération de la mise en place des mesures nécessaires afin que la France comble son retard", ajoute-t-il.

Mais pour le président de l'association Vaincre l'autisme, ce plan reste insuffisant. "Il n'y a pas de politique de lutte contre la maladie, on ne fait que créer des places qui sont inadaptées. Il faut légiférer pour faire reconnaître les besoins spécifiques des personnes autistes, mais aussi garantir leur droit à vivre avec les autres", explique M'Hammed Sajidi. Selon lui, il faudrait "développer le diagnostic, l'encadrement et l'accompagnement pour que les enfants puissent vivre en milieu ordinaire". L'association a l'intention de poursuivre sa stratégie en encourageant d'autres familles à déposer plainte.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)