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Audioprothèses : une enquête d’UFC-Que choisir

"Pas moins de 2,1 millions de malentendants français ne s'équipent pas en raison d'un coût trop élevé, soit un taux de renoncement aux soins de 58%", relève l'association UFC-Que choisir dans une enquête sur le secteur des audioprothèses, publiée hier (La Croix page 10).

Sur ce "marché verrouillé", selon l'expression du Monde (page 11), 3.091 audioprothésistes bénéficient, selon l'association de consommateurs, d'une "rente de rareté non justifiée et non justifiable", qui leur permet de pratiquer des prix "dissuasifs". Dans Le Monde, Alain Bazot, président de l'UFC, parle même d'une situation "problématique sur le plan économique et sanitaire", face à laquelle le ministère la Santé se montre d'une "passivité surprenante".

Si l'UFC-Que choisir reconnait que la situation s'explique en partie par les réticences des personnes malentendantes à s'équiper de prothèses, elle estime que "le principal frein est financier". Le prix moyen d'un appareil auditif est de 1.550 euros, soit 3.100 euros pour équiper les deux oreilles. Au­jourd'hui, la Sécu rembourse 120 euros pour une prothèse. Après remboursement par la complémentaire santé, le reste à charge moyen s'élève à 1.100 euros par oreille, note Le Parisien/Aujourd'hui (page 9).

Le prix moyen d'un appareil auditif est de 1.550 euros, soit 3.100 euros pour équiper les deux oreilles.

L'association de consommateurs dé­nonce également des salaires très confortables : 3.000 à 4.000 euros bruts par mois, pour un audioprothésiste débutant, 6.000 à 7.000 euros en fin de carrière. "Soit deux à trois fois ce que touchent des professions assez comparables comme les infirmières ou les kinés", note Le Monde. "C'est le résultat d'une pénurie savamment entretenue", estime l'UFC, qui juge qu'il faudrait 7.150 audioprothésistes, là où il n'y en a que 3.091 aujourd'hui.

Pour justifier leurs tarifs, les audioprothésistes mettent en avant l'adaptation et le suivi des patients, soit entre dix et quinze heures de travail. Pour le syndicat national des audioprothésistes, les tarifs pratiqués en France se situent dans la "moyenne basse européenne". "Par ailleurs, il est faux de parler de pénurie organisée, estime, dans La Croix, son président Luis Godinho. La France dispose de 3.100 audioprothésistes pour 65 millions de personnes. L'Allemagne en a 4.850 pour 81 millions d'habitants".

L'association de consommateurs propose de dissocier le rem­boursement de l'appareil et celui du service afin de clarifier les tarifs.

Comment faire en sorte que les malentendants puissent enfin être appareillés ? L'association de consommateurs propose d'abord de dissocier le rem­boursement de l'appareil et celui du service afin de clarifier les tarifs (Le Parisien/Aujourd'hui). Elle propose également de relever significativement les effectifs des écoles d'audioprothésistes, ce qui est désormais possible grâce à un décret publié en août dernier.

L'UFC épingle enfin les cadeaux et avantages que les fabricants et les enseignes d'audioprothèses offrent aux spécialistes ORL pour promouvoir leurs produits. Selon l'association, ces "cadeaux" s'élèveraient en moyenne à 711 euros par médecin et peuvent atteindre parfois 10.000 euros par an. "De quoi laisser planer le doute sur la parfaite loyauté des médecins vis-à-vis de leurs patients lorsqu'ils les orientent vers un audioprothésiste", juge l'UFC.

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Généralistes : déclin démographique

Les effectifs des généralistes ont baissé de 4% en équivalent temps plein depuis 2005, selon un document de travail de la Cnam auquel Les Echos (page 2) ont eu accès. Pour obtenir le chiffre total de 54.000 généralistes, l'assurance maladie s'est basée sur les feuilles de soins, écartant ainsi les médecins qui ne sont plus en activité. C'est en Corrèze, dans l'Yonne, l'Allier ou les Deux-Sèvres que la diminution a été la plus rapide, note la Commission des comptes de la Sécurité sociale dans son dernier rapport. Seuls le Rhône et la Meuse ont connu une progression.

Le déclin démographique influe sur les rémunérations, soulignent Les Echos. Dans les déserts médicaux, les revenus grimpent car les généralistes croulent sous les visites et les consultations. En Seine-Saint-Denis, où l'on compte moins de 60 généralistes pour 100.000 habitants (contre 82 pour 100.000 dans la moyenne nationale), le revenu par tête est nettement supérieur à la moyenne (149.000 euros par an).

Même constat pour la Lozère, l'Aveyron, le Tarn-et-Garonne ou le Lot-et-Garonne. "Un généraliste dans le Pas-de-Calais gagne en moyenne 60% de plus qu'un généraliste à Paris", note la commission. A l'inverse, les généralistes qui s'installent dans les grandes villes surchargées en professionnels libéraux voient leur chiffre d'affaires diminuer. Cela ne les empêche pas de continuer à s'installer en masse dans la région parisienne ou sur le littoral méditerranéen ou atlantique…

John Sutton

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