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Au chevet des médecins

Opération séduction hier à Paris, au Medec, le salon de la médecine générale. Quelques représentants politiques, dont un seul candidat à l'élection présidentielle, sont venus défendre leur programme santé à quelques semaines du scrutin. Selon Les Echos (page 3) cette manifestation leur a surtout permis de réhabiliter les dépenses médicales. Ainsi, François Bayrou s'est livré "à une opération de charme en direction des praticiens libéraux", souligne le quotidien économique. Le candidat de l'UDF a en effet vivement critiqué ceux qui "parlent de la santé comme d'une dépense. Personne ne mesure que c'est un investissement de long terme et une source de progrès et de croissance", a-t-il ainsi déclaré, sans toutefois aborder "les questions techniques ou budgétaires".

Son intervention voulait surtout rendre un hommage appuyé à ce corps médical en pleine "crise morale". Selon ce responsable, les médecins subissent "un sentiment d'abandon, [et une] totale absence de reconnaissance ". Aussi, dans le débat qui oppose les syndicats médicaux à l'assurance maladie pour une réévaluation du tarif de la consultation des généralistes, François Bayrou voit dans celle-ci "un moyen de retisser la société française".

Face à ce public de médecins, François Fillon, en tant que représentant de l'UMP, est allé dans le même sens, rapportent Les Echos. Il a rappelé "l'engagement de son candidat [Nicolas Sarkozy] d'aligner la rémunération des généralistes sur celle des spécialistes". A son tour, il aspire à ce que les dépenses de santé soient mieux perçues, étant donné qu'on les "a trop longtemps considérées comme une charge, alors qu'elles constituent le moteur de l'économie ". De plus, a-t-il ajouté, il faudrait que certaines dépenses soient un peu plus assumées par les Français: "Tout le monde trouve normal que les Français paient des dépenses nouvelles non indispensables, comme le téléphone portable ou la télévision payante, et il ne serait pas possible de leur demander de mettre quelques euros de plus pour leur santé?" Pour François Fillon, cet investissement ne passera pas par une augmentation de la CSG mais par l'instauration d'une franchise non remboursable.

De son côté, le PS a manifesté son hostilité à cette mesure, qui "amènera les gens à consulter plus tardivement, souvent à l'hôpital, dans des situations plus graves et donc plus coûteuses pour la société". Présent lui aussi, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a profité de cette rencontre pour évoquer les résultats 2006, indique Le Figaro (page 19). Le déficit de la branche maladie devrait se situer "un peu en dessous de 6 milliards", a-t-il indiqué "conformément aux prévisions d'automne qui inscrivaient 5,9 milliards de trou". D'après Les Echos, ce résultat serait surtout obtenu grâce à des "recettes dynamiques". La masse salariale a été portée "par de fortes créations d'emplois au quatrième trimestre et les rentrées de CSG ont été plus élevées qu'attendu". Tout compte fait, le déficit de l'ensemble du régime général serait proche de 9 milliards d'euros au lieu des 9,7 milliards prévus en septembre.

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Les actes de maltraitance à l'encontre des personnes âgées ne sont pas très élevés "mais chaque cas est un cas de trop". C'est, par ces termes, que le ministre délégué aux Personnes âgées et handicapées, Philippe Bas, a présenté hier, son plan de lutte contre la maltraitance.

D'après La Croix (page 4), " près de 30% des actes de maltraitance ont lieu en établissement et 70% à domicile". Ainsi, selon les chiffres communiqués par les Ddass, sur les 960.000 personnes prises en charge dans les maisons de retraite, 935 cas de maltraitance ont été signalés. Il peut s'agir de " violences physiques ou sexuelles, mais aussi psychologiques ou morales ". Pour le président de l'Association des directeurs d'établissements d'hébergement pour personnes âgées (Adehpa), Pascal Champvert, 5% de ces établissements devraient être fermés en raison de ces violences.

A l'avenir, prévoit le plan contre la maltraitance, "une Agence nationale d'évaluation sociale et médico-sociale (Anesm), sera chargée d'engager les établissements dans une démarche d'amélioration de la qualité ". Pour assurer un meilleur encadrement, 23400 personnes seront recrutées dans les établissements et le réseau d'écoute téléphonique Alma, actuellement absent dans 45 départements, va être développé, indique La Croix. Enfin, le nombre d'inspecteurs devrait doubler en vue de vérifier la bonne tenue de ces engagements. L'Adehpa a jugé ce plan "utile mais clairement insuffisant". Cette association déplore notamment le manque de moyens pour les contrôles à domicile.