croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Attentats de Paris : face au pire des scénarios, la solidarité

"La terreur à Paris", "le chagrin et la colère", "carnage en plein Paris", "Tués parce qu'ils aimaient la vie" : même en consacrant la quasi-intégralité de leurs pages aux attentats qui ont sauvagement frappé Paris vendredi soir, les journaux ne trouvent pas de mots assez forts pour décrire l'horreur qui s'est abattue en cette soirée du 13 novembre sur cette "génération Bataclan", à qui Libération rend ce matin hommage sur sa "une". "En s'attaquant aux lieux festifs de Paris et Saint-Denis, les terroristes ont ciblé le mode de vie hédoniste et urbain d'une génération déjà marquée par Charlie, souligne le quotidien (page 3), qui, tragiquement, donne un visage à "cette jeunesse qui trinque".

Le bilan provisoire des sept attaques de vendredi à s'élève ce matin à 129 morts et 415 blessés, dont 80 personnes en situation "d'urgence absolue", précisent Les Echos (page 7) sur la base du décompte des hôpitaux d'hier soir.

Il faut dire, note Libération exceptionnellement paru hier, que "par son ampleur, par son mode opératoire, par le choix de ses cibles, la série d'attentats de vendredi à Paris et Saint-Denis est inédite en France», comme en témoigne la situation d'état d'urgence décrétée dès vendredi soir sur l'ensemble du territoire.

"Le pire des scénarios" organisé par les trois groupes de tireurs djihadistes a en effet visé, de façon coordonnée, le Stade de France, plusieurs terrasses de cafés des 10e et 11e arrondissements de la capitale, ainsi que le Bataclan. Seul but : faire le plus grand nombre de victimes civiles, aveuglément.

Dans la salle de concert du boulevard Voltaire, quelque 1.500 personnes étaient réunies pour assister à un concert de rock, lorsque trois ou quatre terroristes sont entrés aux alentours de 21h45, balayant la foule de leurs armes de guerre avant de se faire sauter au moment de l'assaut des forces de l'ordre. Bilan : au moins 89 morts.

"Après les premiers soins à Saint-Denis, écrivent Les Echos, quatre équipes du Samu ont été redéployées au Bataclan, juste avant l'assaut. Entre-temps, le plan rouge a été déclenché chez les pompiers, et le plan blanc dans les hôpitaux. C'est la deuxième fois cette année, après les attentats de janvier. La procédure consiste à rappeler tout le personnel médical."

Dans tous les hôpitaux qui se sont retrouvés en première ligne, outre les personnels mobilisés par l'activation du plan d'urgence, de nombreux médecins et soignants, parfois partis travailler en libéral, ont spontanément proposé leur aide.

"Dans tous les hôpitaux qui se sont retrouvés en première ligne, outre les personnels mobilisés par l'activation du plan d'urgence, de nombreux médecins et soignants, parfois partis travailler en libéral, ont spontanément proposé leur aide, souvent dans des délais très courts", rapporte lemonde.fr.

Le Dr Philippe Juvin, le chef des urgences l'hôpital Georges-Pompidou, raconte qu'à un moment, "la moitié du personnel venu en renfort dans le service ne faisait pas partie de l'établissement". Une mobilisation saluée comme un "moment extrêmement fort" de coopération et de solidarité par l'ensemble des responsables hospitaliers, écrit le quotidien, qui consacre un article aux "hôpitaux parisiens, sur le front pour une chirurgie de guerre".

Très vite, sur les réseaux sociaux, une autre forme de solidarité s'est animée via le hashtag #PorteOuverte, relève Le Figaro (page 2). Les riverains des fusillades donnent leur adresse pour que les passants puissent s'y réfugier. "Si vous êtes coincés hors de chez vous à Paris ce soir, cherchez les hashtags #porteouverte", explique un internaute. Parallèlement, note Le Monde du dimanche 15 novembre (page 15), "Facebook a activé son service safety check, qui a permis aux Parisiens de rassurer leurs proches en indiquant, d'un clic sur un bouton, qu'ils étaient en sécurité".Les autorités ont, elles aussi, utilisé les réseaux sociaux pour communiquer, à l'instar de la Préfecture de police, qui a invité les Parisiens à rester chez eux "sauf nécessité absolue".

Selon l'un des derniers bilans, "42 personnes se trouvaient toujours dimanche après-midi en service de réanimation", décompte Le Monde, qui prévient : "Pour une partie des victimes, ce sont de long mois de traitement et de rééducation qui commencent". "Il va y avoir une gestion spécifique de ces patients grands traumatisés, ajoute, dans les colonnes du quotidien Jacques Duranteau, anesthésiste-réanimateur à l'hôpital Bicêtre. Pour eux, les soins devront être physiques mais aussi psychologiques car le stress qu'ils ont connu est d'un niveau inimaginable".

Frédéric Lavignette et Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)