Assurance maladie : strictes économies

Le plan de redressement des comptes de l'assurance maladie, qui sera annoncé aujourd'hui, sera plus strict que prévu, indiquent Les Echos (page 5). Ce plan préparé par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) a pour but de réaliser 1,45 milliard d'économies. Initialement, il visait 900 millions d'euros d'économies, mais en raison de la détérioration des comptes en mai, soulignent Les Echos, l'objectif a été revu à la hausse.

Outre une baisse des tarifs des actes techniques des radiologues ou de certains médicaments, la Cnam propose de rembourser à hauteur de 50% – contre 60% actuellement – les consultations effectuées hors du parcours de soins coordonnés. Selon la Cnam, "17% des assurés n'ont toujours pas choisi de médecin traitant", indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 12). De même, poursuit ce quotidien, le forfait d'un euro, limité aujourd'hui à un acte par jour, pourrait être étendu à quatre actes quotidiens, soit quatre euros. "Cela représente 200 millions de plus à la charge des assurés", relèvent Les Echos.

Enfin, l'assurance maladie prévoit de réserver le tiers payant uniquement pour les patients qui accepteront la délivrance de génériques, ajoute Le Figaro (page 29). Une disposition actuellement en vigueur dans une vingtaine de départements. Au total, résume Le Parisien/Aujourd'hui, les assurés sociaux contribueraient pour 350 millions d'euros, les médecins pour 200 millions, les industries de produits de santé pour 325 millions.

Les organismes complémentaires seraient également mis à contribution. "Elles se voient demander une “participation” de 200 millions d'euros au motif qu'ils vont profiter, indirectement, de ce plan d'économies […]", indiquent Les Echos. Après la présentation de ce plan, "le gouvernement devra statuer avant le 30 juin. Il pourra choisir de retenir ou non les options présentées, ou d'en adopter d'autres", souligne Le Parisien/Aujourd'hui.

Quant à la franchise, pour Les Echos, le gouvernement semble vouloir accélérer le pas. "Plutôt que d'attendre septembre et le budget 2008 de la Sécurité sociale, la franchise pourrait être instaurée par la loi dès juillet", avancent ce quotidien, pour une application au 1er janvier 2008. Le schéma des quatre franchises proposé par Nicolas Sarkozy "n'est pas des plus lisibles" et "sa capacité à responsabiliser les assurés difficilement défendable", analysent Les Echos. D'autres "options" sont à l'étude, notamment la création d'un forfait de 50 centimes ou d'un euro par boîte de médicament. Cette mesure a beaucoup de partisans car elle possède l'avantage d'"être appliquée en quelques semaines".

Quel qu'il soit, ce dispositif devrait une nouvelle fois pénaliser les assurés. Comme le signalent Les Echos, un document de travail du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (Hcaam) montre que les mesures ayant augmenté les sommes restant à la charge des patients sont chiffrées à "près de 2 milliards d'euros depuis 2004". Sur cette somme, le Haut Conseil estime que "les organismes complémentaires ont pris à leur charge 1 milliard d'euros".

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La démission d'Alain Juppé du gouvernement à la suite de son échec aux élections législatives oblige le Premier ministre à opérer un "remaniement ministériel délicat", note La Tribune en "une". Pour remplacer le ministre de l'Ecologie et du Développement durable, de nombreuses hypothèses sont envisagées. Le nom qui revient avec le plus d'insistance dans la presse est celui de Jean-Louis Borloo, l'actuel ministre de l'Economie et des Finances. Comme le note Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 à 6), "il semble être le choix du président".

Il faut dire que le ministre des Finances "fait figure de bouc émissaire d'une partie de l'UMP", signalent Les Echos (page 3). Pour avoir évoqué la TVA sociale, on lui reproche notamment d'avoir motivé les électeurs de gauche. Jean-Louis Borloo semble accueillir plutôt favorablement cette proposition. "Une offre comme ça, ça ne se refuse pas", a-t-il déclaré au Parisien/Aujourd'hui.
Qui pourrait le remplacer à Bercy ? Selon ce quotidien, le nom de Christine Lagarde, ministre de l'Agriculture, émerge. Enfin, 7 ou 8 nouveaux secrétaires d'Etat doivent être nommés aujourd'hui. Parmi eux, on cite les noms de Jean-Marie Bockel, le sénateur maire (PS) de Mulhouse ou bien encore le député maire (UDF) d'Issy-les-Moulineaux, André Santini.