Assainir le marché de l’optique

C'est une réalité persistante. "Pour les Français qui n'ont pas de mutuelle, le taux de renoncement aux soins est deux fois plus important que pour ceux qui en ont une", a rappelé Etienne Caniard, samedi matin, dans l'émission d'Alexandra Bensaïd "On n'arrête pas l'éco", sur France Inter. Au cours de cette émission, de nombreux sujets d'actualité ont été abordés, comme le plafonnement des remboursements des lunettes dans le cadre des contrats responsables et solidaires.

Sur ce sujet, L'Argus de l'assurance (cliquer ici) avance que la dernière mouture du projet de décret prévoit que le forfait maximum de prise en charge par les complémentaires pour les montures passerait de 100 à 150 euros. Pour les verres complexes, celui-ci serait relevé de 700 à 800 euros, ajoute Le Figaro-économie daté de sa­medi (page 24).

Cette limitation va-t-elle contribuer à faire baisser les prix ou augmenter le reste à charge des patients ?, interroge la journaliste. "Ni l'un, ni l'autre, parce que ce plafond est situé à un niveau extrêmement élevé, répond le président de la Mutualité Française.

Aujourd'hui, le nombre de points de vente est considérable. De fait, la Sécu et les complémentaires remboursent des magasins beaucoup plus que des lunettes." Conséquence : "Les prix ont trop augmenté ces dernières années et malheureusement les complémentaires en ont été les complices involontaires, en remboursant de plus en plus ce qui alimentait l'inflation des prix", explique le président de la Mutualité.

Pourquoi les mutuelles se sont tues si longtemps, alors qu'elles étaient les principales victimes de ce système de remboursement inflationniste ?, demande Alexandra Bensaïd. "Nous ne sommes pas restés silencieux, dément Etienne Caniard. Depuis plus de quatre ans, nous nous battons au quotidien pour reconquérir le droit à contractualiser avec les professionnels et les distributeurs de l'optique. Il faut fixer des règles pour maîtriser les dépenses."

Pour assainir le marché de l'optique, estime Etienne Caniard, "il faut développer la contractualisation entre les opticiens et les financeurs principaux que sont les complémentaires". Les réseaux permettent d'agir "sur les prix, la qualité, la traçabilité et l'origine des verres, qui ne peut se faire que par des contrôles entre le financeur et le distributeur", explique le président de la Mutualité Française.

Autre sujet d'actualité : la limitation des dépassements d'honoraires prévue également dans le décret sur les contrats responsables. "Nous sommes insatisfaits des chiffres avancés, qui veulent plafonner les dépassements d'honoraires à un niveau supérieur au niveau moyen des dépassements observés. Le risque est de légitimer les dépassements, ce qui serait catastrophique pour l'accès aux soins des Français", fait valoir Etienne Caniard.

Plus globalement, faut-il remettre à plat l'ensemble du système de santé ? "C'est ma conviction, dit-il. J'appelle au débat public sur ces questions depuis des années." Ne va-t-on pas vers la marchandisation, voire la privatisation de notre système de santé ?, questionne la journaliste "C'est le retrait de la Sécu qui favorise le risque de "privatisation", estime le président de la Mutualité. Ne confondons pas ce qui est à l'œuvre depuis des décennies et qui a conduit à accroître le renoncement aux soins, avec la réponse que nous essayons d'organiser pour permettre aux Français" d'accéder aux soins.

Interrogé sur le déficit de la Sécu, qui devrait passer sous la barre des 10 milliards d'euros en 2014, Etienne Caniard relève que si "les perspectives de décélération des dépenses sont tenues", cela se fait "au prix d'une maîtrise très "budgétaire"". Toutefois, regrette-t-il, "nous ne voyons toujours pas d'engagement en faveur d'une réforme structurelle" (cliquer ici pour réécouter cette émission).

La vie après le cancer
Pour mieux connaître et comprendre les difficultés du retour à la vie normale après un cancer, l'Institut national du cancer (Inca) a mené une "enquête de grande envergure interrogeant les personnes atteintes d'un cancer deux ans après le diagnostic". Les résultats de cette étude seront dévoilés aujourd'hui, annonce Libération (pages 18 et 19). Il en ressort notamment que "le cancer a un fort impact sur la vie professionnelle". En outre, près d'un patient sur dix déclare avoir fait "l'objet de rejet ou de discrimination liés directement à la maladie". En dépit des progrès réalisés, de nombreuses améliorations s'avèrent encore nécessaires, notamment sur la manière d'annoncer le diagnostic, souligne Le Figaro (page 9).

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)