Arrêts maladie : la Cnam veut serrer la vis

La Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) doit présenter aujourd’hui devant son conseil une étude portant sur les arrêts maladie ainsi qu’une "ébauche de plan d’action" pour en enrayer la hausse. Selon Les Echos (page 4), qui ont eu accès à ces documents, "la Cnam n’a pas élucidé le mystère des arrêts maladie, mais elle fait plusieurs constats en comparant les dix premiers mois de 2014 avec 2013".

L’an passé, les indemnités journalières versées pour les arrêts maladie, maternité ou accident du travail ont augmenté de 4,4%, et la tendance à la hausse se poursuit au premier trimestre 2015, selon l’avis du Comité d’alerte publié à la fin du mois de mai. En 2013, ces arrêts ont coûté 12,8 milliards d’euros.

Selon la comparaison effectuée par la Cnam, les arrêts qui progressent le plus sont ceux compris entre un et six mois. Et "l’augmentation des dépenses d’indemnités journalières pour les personnes de plus de 60 ans explique 15% de la croissance", ajoutent Les Echos, qui soulignent que "leur part relative dans la dépense s’accroît donc".

Rien de surprenant puisque les Français travaillent plus vieux, en tout cas jusqu’à un âge où la santé com­mence à se dégrader. C’est d’ailleurs pour cela que certains adoptent le temps partiel thérapeutique, responsable d’une augmentation de 15% des indemnités. Le volume des indemnités journalières versées pour invalidité est également en hausse.

Afin de contenir cette évolution, la Cnam entend améliorer la pertinence des prescriptions des médecins, rapporte le quotidien économique. Notamment grâce à des fiches-conseil destinées à anticiper et donc prévenir les arrêts de longue durée : "Quelqu’un qui a mal au dos doit être pris en charge en amont avant que le mal ne devienne chronique, voire ne se transforme en dépression", détaillent Les Echos.

Une campagne d’"entretiens confraternels", qui débute en ce mois de juin, vise également à mettre sous pression les praticiens un peu trop généreux dans la délivrance d’arrêts maladie. Par exemple, en leur démontrant, chiffres à l’appui, qu’ils arrêtent plus et plus longtemps que certains de leurs confrères à la patientèle comparable. "Si ces médecins baissent d’un jour la durée de prescription, cela représente 33 millions d’euros d’économies", indique la Cnam, qui envisage également de superviser la prescription des arrêts de travail pour affection de longue durée aujourd’hui laissée à l’appréciation des médecins.

Frédéric Lavignette

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