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Après un cancer du sein, réparer son corps

Lorsque le traitement anticancéreux nécessite une ablation du sein malade, les femmes peuvent bénéficier d’une chirurgie réparatrice. L’intervention est effectuée en même temps que l’ablation du sein ou plusieurs mois après. Comment décide-t-on d’une reconstruction mammaire et quelles sont les techniques employées ? Explications.

Aujourd’hui, les traitements du cancer permettent de plus en plus souvent de conserver le sein. Toutefois, les ablations, ou mastectomies, restent encore fréquentes pour prévenir les rechutes. Dans ce cas, il est proposé aux femmes une reconstruction mammaire, immédiate ou en différé, c’est-à-dire dans un délai de six mois ou un an après la fin de la radiothérapie. Environ la moitié des femmes ont recours à cette reconstruction afin de réparer la mutilation que constitue l’ablation.

L’intervention, partie intégrante du traitement du cancer du sein, est prise en charge à 100% par la Sécurité sociale, sauf les dépassements d’honoraires dans le secteur privé. Malgré cela, de nombreuses femmes préfèrent porter des prothèses externes plutôt que de subir une nouvelle intervention chirurgicale. "La reconstruction est une chirurgie parfois lourde, à risque, qui nécessite plusieurs interventions de retouche", explique le Dr Laurent Benadiba, chirurgien plasticien à Paris. Ce spécialiste a collaboré, avec La Ligue contre le cancer, à la rédaction d’une brochure sur la reconstruction.

Deux grands types de techniques

La reconstruction immédiate n’est pas toujours possible et dépend des caractéristiques de la maladie. "Elle présente le désavantage d’être souvent de moins bonne qualité qu’une reconstruction secondaire", souligne le Dr Laurent Benadiba.

Que la reconstruction se fasse immédiatement ou en différé, les techniques utilisées par les chirurgiens plasticiens sont similaires. Il en existe deux grands types : soit la mise en place d’une prothèse sous la peau et le muscle pectoral au niveau du sein à refaire, soit la reconstruction avec un lambeau, c’est-à-dire un morceau de peau et/ou de muscle prélevé dans le dos ou sur le ventre.

Ces deux techniques nécessitent au minimum deux interventions à au moins trois mois d’intervalle : reconstruction du sein enlevé puis reconstruction du mamelon et de l’aréole. Une plastie de l’autre sein est souvent nécessaire pour conserver la symétrie entre le sein reconstruit et le sein restant au niveau du volume et de la taille.

Les reconstructions par prothèses remplies de gel de silicone sont pratiquées dans 80% des cas. Cette chirurgie s’utilise pour des seins petits ou moyens et lorsque la peau n’est pas trop abîmée par la radiothérapie. La durée de vie de ces implants varie de dix à vingt ans.

La reconstruction par lambeau est une intervention chirurgicale plus lourde, puisqu’il s’agit de reconstruire le sein à l’aide d’un prélèvement de peau et de muscle, avec ou sans prothèse. L’avantage est que la forme du sein est plus naturelle ; l’inconvénient est une cicatrice dans le dos ou sur le ventre. Enfin, la reconstruction de l’aréole et du mamelon peut être faite par tatouage ou par greffe de peau prise dans l’aine.

Un choix avant tout personnel

La reconstruction n’a aucun caractère obligatoire : c’est un choix personnel de la femme qui ne devrait pas être influencé par l’entourage ou le conjoint. Le choix de la technique de reconstruction résulte de la balance entre les bénéfices et les risques de complications liés à certains facteurs : tabagisme, surpoids, diabète, prise de certains médicaments... Si les facteurs de risque sont importants, c’est la technique la plus simple, par prothèse, qui sera privilégiée par le chirurgien plasticien.

Les complications de la reconstruction ne sont pas rares, avec notamment des douleurs (30% des cas), des problèmes de cicatrisation, de nécrose du lambeau... Cela dit, si l’intervention peut être vécue comme une nouvelle épreuve après la maladie cancéreuse, de nombreuses femmes disent que la reconstruction leur a permis de retrouver une bonne image d’elles-mêmes.

Joëlle Maraschin

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)