croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Antilles : le scandale des pesticides

"Un vrai désastre sanitaire" est en cours, prévient le Pr Dominique Belpomme dans Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3). Ce cancérologue de l'hôpital Georges-Pompidou vient en effet de mener une mission scientifique en Martinique et en Guadeloupe "pour mesurer les conséquences de l'usage massif des pesticides par l'agriculture antillaise". Ses conclusions, rendues publiques demain, évoquent "un véritable empoisonnement" de ces îles.

D'après le Pr Belpomme, rapporte le quotidien, l'ensemble des populations insulaires serait contaminé par le chlordécone et par le paraquat. Ces produits chimiques résistent au temps, indique Dominique Belpomme : "Le chlordécone, par exemple, se fixe dans les argiles du sol de façon quasi indélébile puisque sa fixation est de l'ordre du siècle. Résultat : la chaîne alimentaire est touchée et au premier plan l'eau."

Quant aux conséquences sanitaires, elles sont très graves. En effet, "du fait de leurs molécules CMR (cancérigène-mutagène-reprotoxique), les pesticides sont impliqués dans la genèse de certains cancers" ou dans certains troubles de la reproduction et autres malformations congénitales, explique le Pr Belpomme.

D'ailleurs, certaines traces de cette contamination ont été observées dans le cordon ombilical des nouveaux-nés. Les menaces pour les générations futures sont ainsi claires : cancer et stérilité. Pour l'heure, "plusieurs dizaines de patients sont actuellement victimes (...) de leucémie des os, ils ont tous été empoisonnés par le chlordécone. Certains sont même décédés". Pour le Pr Dominique Belpomme, "cette affaire se révèle être beaucoup plus grave que celle du sang contaminé".

A lire aussi – Franchises : une fausse bonne idée

Responsabiliser "économiquement" les patients par les franchises relève de "la gageure", explique, dans Les Echos (page 15), Olivier Mariotte. Ce médecin généraliste, membre du cercle de réflexion Concorde santé, détaille ainsi dans une tribune les raisons pour lesquelles la franchise médicale est "une fausse bonne idée".

D'abord, indique-t-il, cette mesure "renvoie à l'univers de l'assurance et pas à celui de la solidarité". Ensuite, en réalisant un "prélèvement en amont de la dépense", on restreint, de fait, l'accès aux soins.
Enfin, "par un phénomène pervers, la franchise pourrait pousser "les plus cotisants" à se désimpliquer, à terme, en se soustrayant à l'effort consenti de solidarité".

Aussi, Olivier Mariotte suggère-t-il cinq autres "possibilités d'action" pour améliorer le financement de la "Sécu". Pour agir de façon efficace, précise-t-il, "il faut repréciser le rôle de chacune des tutelles" et responsabiliser le couple "malade-thérapeute" de sorte que les soins prodigués soient compris par le patient. Le dossier médical personnel (DMP) peut "aider à la réalisation de cet objectif". Il serait également utile de revisiter "le socle de solidarité", ajoute ce médecin. Une consommation de soins "injustifiée" serait en effet couramment constatée notamment pour les "soins d'environnement" remboursés au même titre que les "soins de santé".

Enfin, Olivier Mariotte propose de surtaxer, au même titre que le tabac et l'alcool, "les produits manifestement déséquilibrés sur le plan nutritionnel". Cette "fat tax" pourrait financer des campagnes de prévention sur l'obésité./emphasis]

[emphasis titre="A lire aussi – Social : deux discours attendus
"]

Deux discours de Nicolas Sarkozy sont attendus cette semaine, préviennent tous les journaux : le premier, mardi, portera notamment sur la réforme des régimes spéciaux, le second, mercredi, évoquera la réduction du nombre de fonctionnaires.

Demain, en évoquant également "l'ensemble des politiques sociales (emploi, protection sociale, pouvoir d'achat)", le chef de l'Etat devrait donc annoncer "un alignement des régimes spéciaux sur le régime de la fonction publique", préviennent Les Echos (page 3).

Les syndicats ont d'ores et déjà menacé le gouvernement d'un éventuel risque de conflit, si cette réforme devait pénaliser les 500.000 actifs et les 1,1 million de retraités qui bénéficient de cet avantage. Pour l'heure, on sait seulement qu'"il n'y aura pas de décret-cadre" pour valider cette mesure, rapporte le quotidien économique.

Par ailleurs, explique La Croix (page 5), Nicolas Sarkozy devrait confirmer demain qu'"il considère comme acquis le passage progressif de 40 ans de cotisation de retraite en 2008 à 41 ans en 2012".

Libération (page 10) avertit que "les huit fédérations de fonctionnaires, exaspérées par les suppressions d'emploi et l'absence de négociations salariales", devraient aussi faire entendre leur voix après l'intervention du chef de l'Etat, consacrée mercredi à la réforme dans la fonction publique.

Ce projet veut la rendre "plus efficace tout en valorisant les métiers des agents, alors que le non-remplacement d'un départ à la retraite sur trois en 2008 et sur deux d'ici 2012 a été confirmé", explique La Croix (page 5).

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)