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Annonce de François Hollande : la famille quitte l’entreprise

Dans une conférence de presse très attendue, pour de multiples raisons, le président de la République a assumé hier un cap "social démocrate" concernant sa politique économique, analyse Libération (page 2). Au cours de son intervention de plus de deux heures, François Hollande a fait "du pacte de responsabilité avec les entreprises et de la réduction des dépenses publiques les deux pierres angulaires de sa lutte pour le retour à la croissance et à l'emploi", écrit Fabrice Rousselot dans un éditorial.

Au sujet des entreprises, le chef de l'Etat a annoncé de nouvelles réductions de charges destinées à alléger le coût du travail, comme la fin des cotisations familiales pour les employeurs. En d'autres termes, explique Le Figaro (page 4), celles-ci "ne financeront plus la branche famille de la Sécurité sociale d'ici à 2017 – ce qui leur coûte aujourd'hui 35 milliards d'euros". Toutefois, préviennent Les Echos (page 3), le gain pour les em­ployeurs sera moindre puisque le "crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), qui représente déjà une baisse d'impôt de 20 milliards pour les entreprises en 2015, devrait être “transformé en baisse de cotisations” à partir de 2016, a précisé le chef de l'Etat". Au final donc, l'allégement de charges pourrait être compris entre 10 à 15 milliards d'euros.

Celui-ci ne sera pas compensé par un transfert de charges vers les ménages, a affirmé François Hollande, mais par des économies sur les dépenses publiques. Le président de la République a, à cet effet, annoncé la création d'un Conseil stratégique de la dépense publique "qu'il réunira chaque mois pour évaluer les efforts", souligne Le Figaro (page 4). Quant aux entreprises, a poursuivi le chef de l'Etat, des "objectifs chiffrés d'embauche" leur seront fixés. Ceux-ci "devront être définis au niveau national puis déclinés par branche", précise le quotidien.

Du côté des partenaires sociaux, les annonces du président de la République sont diversement appréciées. "La plupart des syndicats, dont la CFDT et FO, se sont montrés relativement ouverts sur la baisse des cotisations familiales, même s'ils restent vigilants sur ses conséquences", résument Les Echos. Pour la CGT, en revanche, cette me­sure est "totalement inacceptable".

Suite à cette conférence de presse, les partenaires sociaux seront reçus la semaine prochaine par le Premier ministre. Le Haut Conseil du financement de la protection sociale, pour sa part, devra rendre "fin février" un premier rapport sur les impacts de cette réforme, puis un rapport définitif en mai, indiquent Les Echos.

A lire aussi dans la presse - Dette sociale : des perspectives inquiétantes

Le Haut Conseil du financement de la protection sociale publie aujourd'hui un rapport qui comprend des projections sur la dette sociale. Si rien n'est fait, celle-ci "devrait atteindre en 2030 un peu plus de 4% du produit intérieur brut (PIB), 14% en 2040 puis encore doubler à l'horizon 2060", relève Le Figaro (page 19). Ce qui représenterait alors près du tiers du PIB.

Et encore, poursuit le quotidien, ces perspectives sont issues d'un scénario économique dit "central", qui place le taux de chômage à 4,5% de la population, "ce qui n'a pas été observé en France depuis 1978". Naturellement, dans un autre scénario qui établit le chômage à 7%, ces estimations sont encore plus pessimistes.

Toutefois, le Haut Conseil part aussi du principe que la dette de la Sécurité sociale, qui représente 16 milliards d'euros en 2013, "sera complètement apurée en 2024". Selon cet organisme, la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades) "aura effectivement réussi dans dix ans à écouler les déficits accumulés ces dernières années". Enfin une bonne nouvelle !