Alzheimer : vers une aide aux aidants

Alors que la loi sur l'adaptation de la société au vieillissement a été adoptée mercredi, en deuxième lecture, par l'Assemblée nationale, un rapport commandé par la Fondation Médéric Alzheimer met l'accent sur le rôle essentiel tenu par les "aidants" dans certaines pathologies, et particulièrement la maladie d'Alzheimer.

D'après ce document, rapportent Les Echos (page 5), les proches de malades fournissent l'effort le plus important dans la gestion de la maladie d'Alzheimer. Et au regard des prévisions, cela risque de se poursuivre dans le temps. En effet, alors qu'il était de 860.000 en 2010, le nombre de malades d'Alzheimer pourrait atteindre 1,4 million en 2050, avec l'apparition de 220.000 nouveaux cas annuels. De fait, le coût global annuel occasionné par cette maladie devrait largement dépasser le chiffre actuel de 20 milliards d'euros.

Pour l'assurance maladie, les frais médicaux et paramédicaux s'élèvent aujourd'hui à 5,3 milliards d'euros par an. Près de 53% de ce montant concernent les frais d'hospitalisation pour chutes, troubles du comportement, malnutrition ou encore dépression des malades. Les frais de médicaments représentent 13% des dépenses.

Les soins prodigués par les proches – habillage, hygiène, ménage, gestion du budget… – sont estimés à 14 milliards d'euros en moyenne par an.

Pour l'entourage des malades, la facture est beaucoup plus élevée. En effet, "les soins prodigués par les proches – habillage, hygiène, ménage, gestion du budget… – sont estimés à 14 milliards d'euros en moyenne par an", relève le quotidien économique. Seulement, "il s'agit d'une valeur cachée car ces aidants, qui sont en général des conjoints, ne sont pas rémunérés et ne reçoivent pas d'aide financière de l'Etat".

"Le bénévolat est donc précieux pour réduire le coût de la prise en charge par la collectivité, conclut le rapport. Cependant, il a un coût social : les aidants sont épuisés, perdent des revenus, etc." D'où l'idée de "former les aidants, pour lutter contre leur stress et leur isolement", écrivent Les Echos. De même, "plutôt que de réduire l'aide informelle, les auteurs de l'étude préconisent d'en atténuer les conséquences négatives pour les aidants. Par exemple, en défiscalisant ou en augmentant l'allocation personnalisée d'autonomie, quand la part de l'aide informelle croît".

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La très prochaine commercialisation en France du Keytruda® (pembrolizumab) laisse entrevoir beaucoup d'espoir. Produit par le laboratoire américain Merck, ce médicament, qui a reçu en juillet son autorisation de mise sur le marché (AMM) en Europe, fait partie d'une nouvelle génération de molécules (les anti-PD1) "qui actionnent certains “interrupteurs” à la surface des cellules immunitaires afin de les réveiller et de les lancer à l'assaut des tumeurs", indique Le Monde économie et entreprise (page 5). Une molécule concurrente, l'Opdivo® (nivolumab), fabriquée par le laboratoire Bristol-Myers Squibb (BMS), arrive en même temps sur le marché.

Les premiers patients français à qui cette molécule est promise en priorité sont atteints de mélanomes métastatiques, une forme grave de cancer de la peau pour laquelle aucun traitement n'existe. Deux mille nouveaux cas sont recensés chaque année. D'après Caroline Robert, qui dirige le service de dermato-oncologie à l'institut Gustave-Roussy, "avant, la moitié d'entre eux mouraient en moins d'un an. Les anti-PD1 changent complètement la donne avec une espérance de vie prolongée dans certains cas de plusieurs années, et bien moins d'effets secondaires qu'avec les autres médicaments".

L'aspect terne de cette arrivée en France est le coût du Keytruda®, comme celui de l'Opdivo®, écrit Le Monde. C'est même devenu "un casse-tête pour la Sécurité sociale". En effet, le prix de vente de ces deux produits pourrait avoisiner les 100.000 euros par patient et par an.

Frédéric Lavignette

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