Allocations familliales : modulation en fonction des revenus

"Un tournant historique", titrent en "une" Les Echos, qui notent que "François Hollande envoie un signal à la gauche, mais s'expose à de vives réactions". "La révolution des allocations familiales est en marche", annonce pour sa part Le Parisien/Aujourd'hui (page 6).

La ministre de la Santé a en effet confirmé hier soir que le gouvernement avait donné son accord pour que la modulation des allocations familiales en fonction des revenus soit proposée dans un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2015, qui sera discuté en séance publique à l'Assemblée nationale à partir du 21 octobre. Cette disposition permettra d'économiser 800 millions d'euros par an et 400 millions dès 2015, ajoutent Les Echos.

Marisol Touraine a précisé que "12% des familles" seront concernées par cette mesure. Concrètement, explique Le Parisien, à partir de 6.000 euros de revenus nets mensuels pour un foyer avec deux enfants, les allocations seront réduites de moitié, et au-delà de 8.000 euros, elles seront divisées par quatre. Ces seuils augmenteront de 500 euros supplémentaires par enfant.

En revanche, la prime de naissance (923 euros), qui devait être divisée de moitié à compter du deuxième enfant est finalement maintenue, relève Libération (page 17). Réaction immédiate de l'Union nationale des associations familiales (Unaf), qui juge "impensable et impossible" la modulation des allocations. Pour sa part Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT, critique dans Le Parisien le fait qu'on mette fin à "l'universalité des droits". Une évolution, à ses yeux, "contraire à l'esprit même de la Sécurité sociale".

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La crainte du virus Ebola et la mobilisation internationale qu'elle entraîne font la "une" de quatre quotidiens nationaux ce matin. "Ebola en Europe, le virus de la peur", titre Libération. "Les personnels médicaux malades inquiètent en Europe et aux Etats-Unis, alors que progresse sans contrôle l'épidémie en Afrique", note le quotidien.

Le Figaro annonce de son côté une "mobilisation planétaire contre Ebola". L'Union européenne va "immédiatement procéder à une vérification" de l'efficacité des contrôles anti-Ebola mis en place dans les aéroports des trois pays africains les plus touchés par l'épidémie (Libéria, Guinée et Sierra Leone), a annoncé hier le commissaire européen à la Santé, Tonio Borg.

Cet audit sera mené en coopération avec l'OMS, dans le but de renforcer les contrôles si nécessaire, et de permettre une meilleure "traçabilité" de possibles porteurs du virus. Pour tenter de limiter la propagation du virus, qui a déjà fait près de 4.500 morts, quinze pays africains frontaliers ou proches de la zone touchée vont bénéficier d'une aide accrue, indique l'OMS.

En France, une infirmière souffrant d'une "fièvre suspecte" a été admise hier à l'hôpital militaire Bégin, de Saint-Mandé (Val-de-Marne), un des douze centres de référence pour la maladie en France, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 3). Les premiers tests se sont révélés négatifs pour Ebola, mais doivent encore être confirmés. Elle fait partie de l'équipe qui a soigné récemment Lucie, l'infirmière de Médecins sans frontières (MSF) rapatriée du Liberia, aujourd'hui guérie, note La Croix (page 2).

"Ebola, les infirmiers en première ligne", titre de son côté Le Parisien/Aujourd'hui, qui souligne que "les personnels soignants s'interrogent de plus en plus sur les mesures de protection contre le virus". Inquiétudes d'autant plus justifiées que des infirmiers sont touchés, même dans les pays où la médecine est très développée, comme en Espagne ou aux Etats-Unis.

"Les infirmiers veulent être mieux informés", exige, dans Le Parisien (page 2), Thierry Amouroux, secrétaire général du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI). "Nous n'avons reçu qu'hier les consignes par écrit sur la conduite à tenir (…) Il aurait fallu le faire plus tôt et de façon plus complète. (…). Nous voulons des explications car pour l'instant, c'est l'omerta", dé­nonce-t-il.

Autre son de cloche, le témoignage, dans Libération (pages 2 et 3) du Pr Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon, à Paris. "Dans les services concernés, on sent de l'intérêt, pas d'inquiétude", constate-t-il. Par ailleurs, Le Figaro (page 5) souligne que "la course mondiale pour trouver un vaccin est lancée". La ministre russe de la Santé a annoncé récemment que son pays avait trois vaccins en cours de développement. Les Britanniques, les Américains et les Canadiens sont également très avancés dans la recherche. Il ne faut toutefois pas s'attendre à l'utilisation possible d'un vaccin avant plusieurs mois.

John Sutton

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