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Allocations familiales : une réforme est-elle possible ?

Actuellement allouées dès le deuxième enfant, les allocations familiales pourraient-elles l'être dès le premier ? Déjà ancienne, la question revient dans le débat.

Les allocations familiales sont actuellement l'objet de beaucoup d'attention, au point que l'idée d'une nouvelle réforme les concernant pourrait être "de nouveau sur la table", observe Le Figaro. Reste à savoir quelle piste envisager pour refondre le "maquis" actuel.

Pour l'heure, aucun axe de réflexion n'est encore privilégié par l'exécutif. La secrétaire d'État aux solidarités, Christelle Dubos, mène toutefois un travail d'écoute auprès des personnes concernées puisqu'elle donne la parole "aux plus précaires, aux invisibles sociaux pour qu'ils ne deviennent pas les invisibles du grand débat". Elle cible particulièrement les familles monoparentales, indique le quotidien, lesquelles sont à 85% des femmes élevant seules leurs enfants, et dont "le gouvernement a fait la priorité de son plan de lutte contre la pauvreté" dévoilé en septembre dernier.

Pour faciliter le quotidien, certaines associations familiales suggèrent pour leur part d'accorder les allocations dès le premier enfant, et non à partir du second comme à l'heure actuelle. Sur ce point, la secrétaire d'Etat reste prudente car une telle mesure serait coûteuse. Il y a peu de jours, Le Parisien s'est justement penché sur une telle option.

Selon le barème actuel, indique le journal, une famille de trois enfants qui a gagné au maximum 73.901 euros en 2017 peut toucher mensuellement 299,20 euros. Si les gains sont supérieurs à 96.610 euros, le montant versé chute à 74,81 euros. Une dégressivité liée aux revenus mise en place par une réforme de 2015. En revanche, plus on a d'enfants, plus le montant perçu s'accroît. En 2017, 12 milliards d'euros d'allocations familiales ont été versés à 5 millions de foyers.

Naturellement, si l'on devait attribuer une même somme pour le premier et le second enfant, le montant annuel de la mesure serait plus élevé : entre 3 et 4 milliards d'euros, estime-t-on. Pour compenser la dépense, les promoteurs de cette mesure propose "que le montant moyen par enfant soit dégressif selon leur nombre. En somme, l’inverse du système actuel", souligne Le Parisien. D'autres suggèrent de ne pas verser d'allocations aux foyers les plus aisés.

Chez certains de nos voisins européens, l'allocation dès le premier enfant existe. Notamment en Allemagne, Espagne, Finlande, Chypre. En France, ce mode de versement a été appliqué dès 1938, année de sa création, et uniquement la première année. A partir de 1939, le gouvernement souhaitant encourager la natalité, le système à partir du deuxième enfant est rentré en vigueur.

Du point de vue politique, l'idée d'une allocation versée dès le premier enfant est vivement défendue par les écologistes. Le montant des prestations diminuerait ensuite proportionnellement au nombre d'enfants. Au troisième, plus rien ne serait versé. Objectif : réduire le nombre des naissances afin de limiter l'impact de la surpopulation sur l'environnement. La droite, en revanche, prône "un système favorable aux familles nombreuses et sans condition de revenus", note le quotidien.

La question d'une réforme des allocations familiales est sans conteste hautement délicate. Il n'empêche, à l'heure où le nombre de familles monoparentales augmente, la réflexion mérite d'être sérieusement posée afin de limiter les laissés pour compte.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)