croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Allocations familiales : rupture du principe d’universalité ?

"C'est à un débat musclé et encore plein d'inconnues que va être confronté le gouvernement cette se­maine à l'Assem­blée avec l'examen, à partir de demain, du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2015 et de son volet le plus polémique : la modulation des allocations familiales, à partir de 6.000 euros mensuels pour un couple avec deux enfants", prévoient Les Echos (pages 1 et 2).

La mesure pourrait être discutée dans le détail en fin de semaine, voire lundi prochain. Les députés socialistes ont arraché jeudi l'autorisation de placer les allocations familiales sous conditions de ressources, rappelle Le Parisien/Aujourd'hui (page 10). Néanmoins, certains "frondeurs" estiment qu'on ne peut pas "réformer la politique familiale dans l'urgence et l'improvisation, et à partir de la seule porte d'entrée des économies à trouver" (Les Echos, page 2).

Cette réforme est présentée par le gouvernement comme "lisible" et de "justice sociale", épargnant les classes moyennes et modestes. En misant sur une modulation des allocations qui pénalisera les familles les plus aisées, le gouvernement affirme ménager le principe d'"universalité", puisque tous les foyers avec au moins deux enfants continueront d'en toucher. "Mais tous ne recevront pas la même somme. Et c'est bien là une rupture qui écorne le principe d'universalité", estime La Croix (page 10). De leur côté, les députés UMP sont bien décidés à déclencher un "tir de barrage" contre "ce massacre de l'un des derniers piliers de la solidarité".

Par ailleurs, d'un point de vue technique, la modulation des allocations familiales ne sera "pas si simple" à mettre en place, estime le président de la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf), Jean-Louis Deroussen, cité par lepoint.fr. "Cette prestation un peu nouvelle" entraînera "forcément" une surcharge de travail, qu'il évalue "à peu près à 600 équivalents temps plein".

A lire aussi - Vaccination : l'opposition des médecins

Présenté la semaine dernière par Marisol Touraine, le projet de loi de santé contient plusieurs mesures visant à déléguer à d'autres professions la pratique de certains soins habituellement réservée aux médecins, afin de leur permettre de se consacrer aux tâches purement médicales, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 10). Ainsi, les "compétences de certains professionnels de santé" (pharmaciens, sages-femmes) seront élargies, afin de "faciliter l'accès de la population à la vaccination" jugée insuffisante, précise le texte.

Cette annonce a provoqué la colère des syndicats de médecins. "Sous prétexte d'améliorer la vaccination, on la banalise en permettant à tout le monde de la pratiquer", tonne, dans Le Parisien/Aujourd'hui, Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF. "Vacciner n'est pas un acte anodin, il faut vérifier les incompatibilités, respecter un protocole, etc.", explique-t-il. De son côté, Claude Leicher, président du syndicat de médecins généralistes MG-France, dénonce une "amplification de la vente par appartement de la médecine générale".

"Les pharmaciens intéressés devront être formés à la vaccination, mais aussi rémunérés à l'acte, comme le sont déjà les infirmières", exige, dans Le Parisien, Philippe Gaertner, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). Pour l'heure, le projet ne précise pas le coût de la mesure. Le FSPF est favorable à ce transfert de compétence, déjà adopté par le Portugal, "il y a six ans". "80% des pharmaciens portugais vaccinent, notamment contre la grippe."

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)