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Aggravation du déficit public

Compte tenu des prévisions de croissance, d'inflation et de déficit dévoilées hier par le ministre des Finances pour 2014 et 2015, la Sécurité sociale risque d'être une nouvelle fois la "victime désignée" d'un nouveau tour de vis, estiment Les Echos (pages 2 à 5). Depuis Bercy, "dos au mur", pour reprendre l'expression du Monde (page 6), Michel Sapin n'a plus été en mesure de "tourner autour du pot".

En effet, aucun des objectifs de croissance réaffirmés en juin lors de la loi de finances rectificative ne sera tenu, rapporte le quotidien. Selon les nouvelles hypothèses, la croissance de 2014 ne sera que de 0,4%, au lieu de 1% comme prévu dans le programme de stabilité 2014-2017 et maintenu dans le collectif budgétaire de juin. Quant à 2015, la prévision de croissance n'est plus fixée à 1,7% mais à 1%.

Dès lors, poursuit Le Figaro (pages 20 et 21), l'objectif promis de ramener le déficit public à 3,8% à la fin de l'année ne sera pas respecté mais celui-ci sera aggravé : les nouvelles prévisions tablent désormais sur 4,4% du PIB, après 4,1% en 2013. "L'essentiel de la hausse est évidemment dû à la dégradation du contexte économique", a expliqué le ministre de l'Economie. Pour autant, ajoutent Les Echos, le gouvernement s'est engagé à maintenir son objectif de réduction des dépenses de 21 milliards en 2015. "Pour y parvenir, il faudra fournir un effort supplémentaire de 2 milliards, car l'inflation, plus faible que prévu, réduit à néant les efforts de gel des pensions et allocations – et incidemment – la promesse de revalorisation des petites retraites."

Où trouver ces 2 milliards ?, s'interroge donc le quotidien économique. A Bercy, "on procède par élimination", écrit Solveig Godeluck dans Les Echos : l'Etat et ses opérateurs ont déjà été mis à contribution, au même titre que les collectivités locales. Pour ce qui est de l'assurance-chômage et des retraites, elles devraient être hors d'atteinte. Reste donc la Sécurité sociale, et particulièrement les branches famille et maladie.

Ainsi, les prestations familiales pourraient être une cible d'économies : comme cela est déjà programmé, le congé parental et la prime de naissance pourraient être réformés afin de dégager 800 millions d'euros. Or, "il s'agirait d'aller plus loin", mais on ne sait pas encore où. Avec ses 190 milliards d'euros de dépenses en 2013, l'assurance maladie semble être la "cible tout indiquée" pour réaliser des économies, estiment Les Echos. Avec un objectif national de dépenses d'assurance maladie déjà bas pour les années à venir, les efforts risquent d'être donc de plus en plus douloureux car certains au sein de l'exécutif plaident pour "des objectifs plus ambitieux".
Bruxelles ne les contredira certainement pas, car cette dégradation des comptes compromet la promesse faite par la France de ramener le solde de ses comptes à – 3% du PIB en 2015. Au mieux, cet objectif sera atteint en 2017. La France devra par conséquent se justifier auprès de l'Union européenne d'ici à deux semaines, signale Le Figaro.

Depuis hier, celle-ci est d'ailleurs dotée d'un nouveau ministre des Affaires économiques et financières en la personne de Pierre Moscovici, lequel, rappelle Libération (page 6), a été "incapable de respecter la limite des 3% du PIB de déficit lorsqu'il était ministre des Finances".

Somnifères et Alzheimer iraient de pair
L'abus de médicaments benzodiazépines favorise le développement de la maladie d'Alzheimer après 65 ans. Telle est la conclusion d'une étude franco-canadienne menée par l'Inserm et publiée, hier, dans le British Medical Journal. Ce "résultat alarmant", explique Le Figaro (page 11), a été obtenu en comparant, sur une période de six ans, 1.796 personnes de plus de 66 ans atteintes de la maladie d'Alzheimer avec plus de 7.000 personnes en bonne santé, de même âge et de même sexe. Résultat : une prise de plus de trois mois de ces molécules utilisées pour lutter contre l'anxiété ou les insomnies augmente de plus de 50% le risque de développer la maladie d'Alzheimer. Une prise de plus de six mois ferait bondir le risque à plus de 80% !

Ces résultats "enfoncent le clou des mises en garde récentes contre une classe de médicament que tout le monde reconnaît utile pour traiter temporairement insomnies et anxiété, mais dont les Français abusent", écrit Le Pari­sien/Aujourd'hui (page 13). Déjà, en janvier dernier, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) s'était alarmée que "l'on en consomme bien plus longtemps que les douze semaines maximales recommandées : quatre-cinq mois en moyenne et souvent jusqu'à plusieurs années".

En juillet, l'agence avait ainsi suggéré de baisser le remboursement des somnifères de 65 à 15%. "Un avis qui laisse certains professionnels perplexes", écrit Le Figaro, à l'image de Claude Leicher, président de MG-France : "Nous savons qu'une baisse de la consommation est nécessaire, mais la prescription médicamenteuse répond à un besoin. La prévalence des troubles anxieux dépressifs est très élevée en France. Et l'insomnie est une manifestation comme les autres de ces troubles", souligne-t-il.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)