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Adoption de la réforme des allocations

Les députés ont achevé vendredi soir l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2015. Parmi les amendements adoptés figure celui visant à supprimer les franchises médicales pour les bénéficiaires de l’aide à l’acquisition de la complémentaire santé (ACS). Même si une partie de l’UMP s’est abstenue, cette mesure a rencontré "un certain consensus", remarque Le Monde (page 7), en particulier auprès des députés de gauche. Nuls frondeurs au sein des parlementaires de la majorité donc, lesquels ont également voté la généralisation du tiers payant à compter du 1er juillet 2015 pour les bénéficiaires de l’ACS.

Les députés ont aussi voté la multiplication des "hôtels hospitaliers", comme il en existe déjà à Toulouse et à Paris. Pour réduire la durée des séjours hospitaliers, écrit Le Figaro (page 23), les patients pourront être adressés dans ces structures, "lorsqu’ils ne nécessiteront pas un suivi intensif mais une surveillance médicale". Ils éviteront de la sorte "de longs et coûteux séjours hospitaliers", puisqu’une nuit en établissement revient à 1.500 euros, contre 60 euros pour une nuit à l’hôtel. Celle-ci sera prise en charge par l’assurance maladie.

Enfin, les parlementaires ont renforcé l’arsenal répressif pour ceux qui encouragent les assurés à quitter la Sécurité sociale. "Ceux qui se désaffilient risqueront un an de prison et une amende de 15.000 euros", prévient le journal, et ceux qui les y incitent, tels que les associations comme Liberté sociale ou encore le Mouvement de libération de la protection sociale, s’exposeront à une amende de 30.000 euros et à deux ans de prison.

En matière de services à la personne, l’Assemblée a voté une augmentation de l’allégement des cotisations sociales payées par les employeurs des salariés à domicile. Cet allégement passera de 0,75 euro à 1,50 euro par heure, mais seulement dans le cadre de la garde d’enfants de 6 à 14 ans et dans la limite de 40 heures par semaine. Cette mesure coûtera 75 millions d’euros.

Enfin, les parlementaires ont adopté, de justesse, la modulation des allocations familiales en fonction des revenus des parents, ce qui acte la fin de l’uniformité des prestations familiales, mais aussi la chute d’un "totem", soulignent Les Echos (page 2). A compter de son entrée en vigueur, le 1er juillet 2015, "l’allocation sera divisée par deux à partir de 6.000 euros de revenus mensuels pour un foyer avec deux enfants, et par quatre à partir de 8.000 euros", note le quotidien économique. Elle devrait permettre une économie de 400 millions d’euros en 2015, puis de 800 millions par an ensuite.

S’il est adopté mardi en vote solennel, l’ensemble du PLFSS devrait permettre de dégager 4,1 milliards d’économies.

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Epaulé par la société Essilor, "dont une cinquantaine de salariés se sont portés volontaires", le Samu social expérimente actuellement une opération en faveur de la vue des sans domicile fixe. Ainsi, explique La Croix (page 8), 200 personnes vivant dans la rue ont bénéficié d’un bilan oculaire complet (test de vue, fond de l’œil, tension oculaire…) et, le cas échéant, à une évaluation de la correction. En dernier lieu, des verres et des montures leur sont fournis.

L’initiative est partie du centre d’hébergement Oscar-Roty, dans le 15e arrondissement de Paris, raconte le quotidien, le jour où des bénévoles tentaient d’organiser un tournoi de dominos. "Au moment d’aller chercher des participants, explique Bruno Lahanque, chef de projet chez Essilor et engagé au sein du Samu social depuis quatre ans, une personne m’a avoué qu’elle ne pouvait pas venir car elle n’y voyait pas assez clair. C’était un comble pour moi qui travaille dans l’industrie optique depuis plus de trente ans." Ce dernier a su convaincre sa hiérarchie de mener ce partenariat qui "a vocation à s’inscrire dans la durée" et à se diffuser sur plusieurs centres d’hébergement.

Au-delà de l’aide apportée, ces journées permettront de mesurer les troubles ophtalmiques des personnes à la rue. Pour l’heure, on sait seulement que deux des 190 sans-abri déjà auscultés ne présentaient pas de problème de vue. "En revanche, 118 personnes ont été équipées en lunettes sur place le jour même", écrit La Croix, et 61 autres ont dû attendre la fabrication de verres. Neuf d’entre elles présentaient des pathologies plus lourdes (cataracte, glaucome…) requérant un examen plus approfondi.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)