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Accouchement : le Cytotec retiré du marché

Le Cytotec, un antiulcéreux détourné pour déclencher des accouchements, et présentant des risques pour la santé de la mère et de l'enfant, sera retiré du marché le 1er mars 2018.

Le retrait de ce médicament est qualifié de "bonne nouvelle" par Alain-Michel Ceretti, fondateur de l'association Le Lien et actuel président de France Assos santé. "Mais l'affaire du Cytotec révèle la faiblesse de l'autorité de l'Etat en matière de sécurité sanitaire", ajoute-t-il dans Le Parisien.

Le Cytotec est prescrit pour le traitement des ulcères gastriques, mais était largement utilisé pour déclencher l'accouchement à terme d'un enfant viable ou dans le cadre d'IVG médicamenteuses. En dépit des nombreuses alertes de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) contre les risques graves pour la mère et l'enfant, comme des ruptures utérines, des hémorragies, anomalies du rythme cardiaque du fœtus...

"Il y a eu plusieurs mises en garde de la Haute Autorité de santé et de l'ANSM en 2005, 2008, 2013 et 2015", rappelle, dans Le Parisien, la Dre Chistelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale adjointe de l'ANSM. Mais alors pourquoi ne pas avoir interdit cette pratique plus tôt ? "Nous ne pouvons pas interdire quelque chose qui n'est pas autorisé, mais nous avons été clairs", se défend-elle.

"Cette affaire révèle le problème d'autorité dans le monde de la santé, juge Alain-Michel Ceretti. Vous avez d'un côté des autorités qui disent c'est dangereux, et de l'autre des médecins qui se bouchent les oreilles et continuent comme si de rien n'était. Et tant pis pour la patiente qui est au milieu !"

Dans Le Parisien, Aurélie Joux, fondatrice de l'association Timéo, du prénom de son fils né lourdement handicapé, témoigne de son calvaire. "J'ai passé des mois à essayer de comprendre, à me sentir coupable. Personne ne m'écoutait. Il faut que cela cesse, car je suis loin d'être la seule", confie-t-elle.

"Le Cytotec coûte bien moins cher que les tampons ou gel pour amorcer le travail, et certains médecins défendent son efficacité", observe Le Parisien. Des médicaments de substitution sont en cours d'évaluation et pourraient être disponibles en 2018, selon l'ANSM.

Pour Alain-Michel Ceretti, "ce ne pourra se faire sans un vrai débat scientifique et sans les patients. Les dernières mobilisations citoyennes, notamment avec le Levothyrox, ont montré que rien ne se fait sans eux !".

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John Sutton

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