A la santé des candidats !

"Comment préserver notre système social ?", s'interroge La Tribune (pages 32 et 33). A J – 3 du premier tour, le quotidien économique rappelle les positions des principaux candidats sur les thèmes de la santé et des retraites, très peu abordés pendant la campagne présidentielle.

Les candidats à l'Elysée revendiquent tous leur attachement au modèle social français. Mais "en matière de santé, les projets portés par Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal proposent deux modèles sociaux bien distincts", estime Véronique Chocron dans La Tribune.

Nicolas Sarkozy est en rupture avec le dispositif de remboursement des soins en préconisant plusieurs franchises annuelles sur les soins et souhaite qu'elles ne soient pas remboursées par les mutuelles. Selon le candidat de l'UMP, cette question devrait cependant faire l'objet ultérieurement d'une "discussion" avec les partenaires sociaux. Les Français sont hostiles à 60% à ce projet et les professionnels de santé, notamment les médecins libéraux, n'y sont pas favorables.

De son côté, Ségolène Royal veut consolider les acquis d'un système basé sur la solidarité, garantissant "l'accès aux soins pour tous". Elle prône la suppression des différents forfaits et la gratuité des soins pour les moins de 16 ans. La candidate socialiste propose enfin la création d'une carte santé jeunes et de dispensaires, notamment dans les zones rurales. Mais, selon La Tribune, elle "reste floue sur les moyens à mettre en place pour réduire le déficit de l'assurance maladie". Sur ce point, François Bayrou propose, lui, d'augmenter les recettes de la Sécu en combinant une augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG) avec une dose de TVA sociale.

"Faudra-t-il aller plus loin dans la réforme du système de santé ?" : cette question, La Tribune (page 36) ne l'a pas posée aux candidats à la présidentielle mais à deux acteurs de la santé. Pour Christian Lajoux, président des Entreprises du médicament (Leem) et de Sanofi Aventis, la réponse est non. Il estime qu'"il ne faut pas enfermer le système de santé dans une logique purement comptable, qui l'affaiblirait", car c'est "un véritable moteur de l'économie française". En revanche, pour Chantal Cases, directrice de l'Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes), le statu quo ne peut plus durer. "Il est inévitable dans les prochaines années" de "poser la question du mode d'installation, d'exercice et de rémunération des médecins", affirme-t-elle.

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Le ministre de la Santé, Philippe Bas, a réuni hier les préfets et présidents de conseils départementaux de l'Ordre des médecins de 40 départements, afin "d'améliorer rapidement" le dispositif de permanence des soins (gardes et astreintes 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7), rapporte le quotidien La Croix (page 7). Il a demandé à Jean-Yves Grall, conseiller général des établissements de santé, de mener une "mission d'appui" auprès des départements les plus en retard et de " rédiger, avant le 15 novembre, un rapport pour apporter des réponses concrètes et durables à cet enjeu".

"Malgré les progrès accomplis ces dernières années, certaines zones demeurent confrontées à des difficultés chroniques" dans l'accès aux soins, avait estimé le ministre le 4 avril dernier. Une situation qui concernerait un département sur trois. C'est notamment le cas dans le Cantal, où il n'existe pas de numéro centralisé pour les gardes médicales, ce qui se traduit par une sollicitation souvent injustifiée du centre 15, observe La Croix. La création de maisons médicales de garde constitue une solution, mais il n'en existe actuellement que 200 pour toute la France. Celle de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais) fait figure d'exemple, selon La Croix.