Xavier Bertrand annonce le relèvement du numerus clausus

Le nombre d'étudiants en médecine va augmenter à la rentrée pro­chaine. Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a en effet annoncé hier le relèvement du numerus clausus : il passera ainsi de 7.400 à 7.500 pour l'année 2011-2012.

Par ailleurs, le nombre de "places passerelles", celles qui permettent à des étudiants issus de grandes écoles ou de masters d'entrer en deuxième ou troisième année, augmentera de 300 à 500. D'après Le Monde (page 18), cela permettra de "faire passer, après trois ans de stabilité, le nombre de médecins formés à 8.000 ; soit le niveau de la fin des années 1970".

Cette hausse du nombre d'étudiants a pour objectif de "remédier à la pénurie de médecins qui contribue à l'émer­gence de déserts médicaux", note La Tribune (page 6). Même si ce relèvement est somme toute modeste, poursuit le quotidien, il était attendu et correspond aux objectifs fixés en 2007 par Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé.

Xavier Bertrand et le ministre de l'Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, "ne comptent pas pour autant s'attaquer de plein fouet à la mauvaise répartition des médecins sur le territoire et entre discipline", remarque Le Monde. Selon eux, la situation est en voie d'amélioration, car "pour la première fois depuis longtemps, en 2010, il y a eu plus d'installations en zone rurale que de départs".

Pour combler le vide médical, "l'aide à l'installation d'un généraliste étranger est souvent la seule solution", remarquent Les Echos (page 10). Cependant, les contrats de ces médecins ne sont généralement que de trois ans et leurs départs sont parfois précipités.

Pour mieux comprendre la situation, le quotidien économique a réalisé un reportage en Bourgogne. Ils montrent tout d'abord que les jeunes praticiens refusent l'exercice isolé. Voilà pourquoi, "seulement 9% des diplômés choisissent l'installation en cabinet", déclare l'union des médecins libéraux de Bourgogne.

D'après l'agence régionale de santé (ARS) de Dijon, la création de maisons de santé est la meilleure réponse à apporter au manque de médecins en milieu rural car celles-ci permettent un exercice pluridisciplinaire de la médecine, avec une grande visibilité auprès de la population.

Moindre recette pour la "Sécu"
Pour la première fois depuis deux ans, la masse salariale a diminué au 3e trimestre. Selon l'Acoss, la "banque" de la Sécu, les salaires du secteur privé sur lesquels sont assises les cotisations sociales ont baissé de 0,1%.

Comme le rapportent Les Echos (page 4), ce recul s'explique "par des destructions d'emplois et un tassement surprise du salaire mensuel moyen par tête". Pour sa part, le gouvernement s'attendait plutôt à "un ralentissement de la masse salariale, censée augmenter de 3,7% sur l'ensemble de 2011".

Cette baisse aura inévitablement un impact, certes "limité", sur les comptes sociaux, prévient le journal économique. "Au pis, le manque à gagner en termes de recettes atteindrait 500 millions d'euros", estime le gouvernement. Dans le même temps, ajoute Le Figaro (page 21), les dépenses de la branche maladie n'ont pas dérapé en 2011, et l'Ondam pour 2011 "est en passe d'être tenu".

D'après les chiffres communiqués hier par l'assurance maladie, les dépenses du régime général ont progressé de 3,1% sur les dix premiers mois de l'année. Pour ce qui est des remboursements de soins de ville, ils ont progressé de 3,3% à la fin octobre, comme les deux mois précédents, précise le quotidien. Les remboursements des soins médicaux et dentaires ont augmenté de 4,3% sur les dix derniers mois.

"Cette hausse est liée à la progression des remboursements de soins de généralistes dont l'augmentation frôle 6,5% depuis le début de l'année." Deux raisons à cela : d'une part la revalorisation de la consultation à 23 euros, d'autre part l'épidémie de grippe du début de l'année.

A contrario, il est à noter une baisse de 0,2 point de la croissance des remboursements de produits de santé, ce qui limite la hausse enregistrée sur dix mois à 1,9%. "Même constat sur l'évolution des médicaments délivrés en ville", ajoute Le Figaro. Celle-ci stagne à + 0,9% depuis le début de l'année.
Frédéric Lavignette