Vieillissement : mieux comprendre les mécanismes de la dépendance

Alors que la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale poursuit l’examen ce jeudi 17 juillet du projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement, une étude publiée par l’Irdes compare différentes méthodes de mesure de la fragilité des personnes âgées. Les résultats obtenus mettent en évidence le poids des inégalités sociales dans la perte d’autonomie.

Anticiper les conséquences du vieillissement sur la vie sociale et les politiques publiques : c’est toute l’ambition du projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement, examiné les 16 et 17 juillet par la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale.

Dans ce contexte, la détection précoce des personnes à risque de dépendance représente un enjeu sanitaire, social et économique majeur. L’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) a publié en juin une étude comparant les données de deux enquêtes qu’il a produites en 2012 pour mesurer la fragilité des personnes âgées et le risque de perte d’autonomie

Cinq critères

Dans ces études, la notion de fragilité répond aux cinq critères suivants : fatigue ou mauvaise endurance, diminution de l’appétit, faiblesse musculaire, ralentissement de la vitesse de marche, sédentarité ou faible activité physique. En effet, ces derniers exposent l’individu à "un risque de décompensation fonctionnelle, de perte d’autonomie, d’institutionnalisation et de décès", précise l’Irdes.

Les deux enquêtes mettent en évidence certains facteurs aggravants dans le risque de dépendance. Ainsi, les scores de fragilité augmentent avec la présence de maladies chroniques et de limitations fonctionnelles. En outre, les deux études attestent de l’importance des inégalités sociales, en particulier le niveau de revenus et d’éducation, dans la perte d’autonomie. Chez les personnes âgées, la poursuite d’une activité sociale, dans le cadre d’une association par exemple, aurait, en revanche, un effet très bénéfique dans la préservation de l’autonomie.

Sophie Lecerf

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)