Vers un dossier médical partagé de « nouvelle génération »

La ministre de la Santé préconise le lancement d'un dossier médical personnel (DMP) de "nouvelle génération", choisissant une troisième voie entre la poursuite de ce coûteux projet et son abandon pur et simple, résume ce matin La Croix (page 8).

"La difficulté à laquelle nous sommes clairement confrontés est que les professionnels de santé ne se sont pas approprié ce dossier médical", a reconnu Marisol Touraine devant les députés des commissions des Finances et Affaires sociales, rapporte le site Internet de Libération (www.liberation.fr). Depuis 2005, environ 210.000 dossiers numériques ont été créés dans 160 hôpitaux ou dans le cabinet de 400 médecins traitants. Mais, selon la ministre, ce sont souvent des créations "largement théoriques".

Elle envisage donc trois options possibles. Tout d'abord, "continuer à dépenser de l'argent comme si de rien n'était, alors que des sommes considérables ont été investies sans résultat majeur", ce qui ne lui "paraît pas une bonne démarche". "La deuxième option consisterait à supprimer purement et simplement le processus engagé", poursuit la ministre, estimant qu'il s'agit là encore d'une solution "non-satisfaisante".

La dernière piste consisterait donc à opter pour un DMP de "deuxième génération", ce qui suppose d'y associer les professionnels, pour déterminer les objectifs à atteindre, souligne La Croix. "On peut penser, par exemple, à l'utilité que constituerait ce dossier dans le cadre de parcours de santé […] pour les personnes âgées ou souffrant d'affections de longue durée", ajoute Marisol Touraine, précisant aussi qu'il faut également "revoir la gouver­nance" du dispositif.

Pauvreté durable
François Soulage, président du Secours catholique, s'alarme d'"un approfondissement et un ancrage plus fort de la pauvreté" en France, rapporte La Croix (page 9). La population vivant dans la grande pauvreté se chiffrait à deux millions de personnes en 2009, soit une hausse de 500.000 personnes en dix ans, selon le rapport annuel de l'association, publié aujourd'hui (Libération, page 16).

Le revenu de ces foyers est inférieur à 40% au niveau de vie médian, ce qui correspond à 642 euros par mois pour une personne seule (1.156 euros pour un couple avec un enfant). Le Secours catholique reçoit de plus en plus d'étrangers en situation de pauvreté (30%, contre 23% en 2001) et de plus en plus de femmes.

Alors qu'en 2001, elles étaient aussi nombreuses que les hommes, dix ans plus tard, les femmes représentent 57% du public accueilli dans les permanences de l'association, précise Libération (page 16). Une plus grande représentation due à la hausse du nombre de mères isolées, explique Le Parisien/Au­jourd'hui (page 7). Ainsi, les femmes sont largement majoritaires au sein des familles monoparentales pauvres. Le Secours catholique a ainsi accueilli 160 000 mères célibataires, contre 20.000 pères seuls.
John Sutton