Valoriser la médecine de premier recours

"Les candidats mobilisent les foules", commente sobrement La Croix en "une", tandis que Le Parisien/Aujourd’hui annonce une "semaine décisive" et que Les Echos placent "le duel Sarkozy-Hollande sous l’œil des marchés". Sans surprise, la "une" des quotidiens est consacrée aux meetings organisés par la plupart des candidats à la présidentielle, partout en France, une semaine avant le premier tour.

Plusieurs dizaines de milliers de supporters ont fait le déplacement pour Nicolas Sarkozy, place de la Concorde, et pour François Hollande, sur l’esplanade du château de Vincennes. Jean-Luc Mélenchon, qui a réuni près de 100 000 personnes, et François Bayrou étaient à Marseille (Bouches-du-Rhône), tandis qu’Eva Joly se trouvait à Batz-sur-Mer (Loire-Atlantique).

Les journaux mettent à profit ces dernières grandes manifestations avant le premier tour pour comparer les programmes. En matière de santé, rappelle Le Figaro (page 22). Nicolas Sarkozy s’est engagé à contenir la hausse des dépenses d’assu­rance maladie "au niveau historiquement bas de 2,5 %". Pour cela, explique le quotidien, il faudra poursuivre "la rationalisation des hôpitaux" ou réduire "les prix et les volumes des médicaments".

Interrogé par Le Journal du dimanche (page 3), François Hollande revient pour sa part sur la taxe sur les conventions d’assurance (TSCA). "Nous passerons par un accord avec les mutuelles afin que la baisse de cette taxe soit directement répercutée aux adhérents des complémentaires santé", assure-t-il. Il entend également agir sur les dépassements d’honoraires. Ils seront "encadrés par la négociation ou, à défaut, par la loi" (Le Figaro).

En matière de dépassements, le projet de décret qui étend l’option de coordination au-delà des trois spécialités initiales (anesthésie, chirurgie, obstétrique) a été rejeté par le conseil de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam). "Ce décret, regrette le conseil de l’Uncam, ne prévoit aucune mesure d’encadrement des dépassements et a été rédigé hors de toute concertation avec les financeurs concernés", rapporte Le Parisien/Aujourd’hui daté du 15 avril (page 12).

"On nous demandait de prendre en charge [les dépassements] hors de tout principe. C’est absurde", a réagi la Mutualité Française, citée dans Libération (page 14). "Le prix des mutuelles devient inaccessible à une partie des Français et on passe son temps à courir après des honoraires qui dérapent", s’est insurgé le président de la Mutualité Française au micro du journal de 18 heures de RTL, le 13 avril. "Il faut arrêter d’avoir des remboursements qui permettent de justifier des tarifs excessifs", a-t-il poursuivi. Pour Etienne Caniard, il faut "revaloriser l’accès à la médecine de premier recours, refaire un véritable parcours de soins, et prendre des mesures qui le valorisent", comme imposer "le respect des tarifs opposables dans le cadre du parcours de soins".

Prothèses dentaires : la raison du refus de la Mutualité
Un accord de principe a été signé le 13 avril entre l’assurance maladie et les dentistes sur le plafonnement des honoraires sur les prothèses pour les personnes éligibles à l’aide à la complémentaire santé (ACS), mais sans l’Unocam. Diffusé dimanche soir, au 20 heures de TF1, un reportage sur ce sujet a donné la parole au président de la Mutualité Française. "Quand on plafonne [les honoraires] pour une partie de la population, le risque est que le rattrapage se fasse sur l’autre partie de la population", a expliqué Etienne Caniard. "Nous sommes prêts à améliorer nos remboursements à une seule condition : qu’ils profitent aux Français, pas seulement aux professionnels de santé", a-t-il poursuivi.

Interrogé au journal de 14 heures du 13 avril d’I-télé, le directeur général de la Mutualité Française a fait valoir que "l’assurance maladie obligatoire s’est désengagée progressivement puisqu’elle ne rembourse plus, sur les prothèses dentaires, que 18 %. Ce sont les complémentaires, les mutuelles, qui remboursent de plus en plus", indique-t-il, ainsi que les ménages dont le reste à charge augmente.

Maisons de retraite : crédits non attribués
En 2011, près de 250 millions d’euros de crédits n’ont pas été attribués aux établissements et services à domicile pour personnes âgées dépendantes : c’est ce qu’affirme Pascal Champvert, président de l’AD-PA, dans Les Echos (page 6). Pourtant, les besoins augmentent du fait de l’état de santé des résidents. "Les personnes âgées restant plus longtemps à leur domicile, celles qui s’installent en maison de retraite sont de plus en plus dépendantes et nécessitent donc des soins plus lourds", explique le quotidien.

Avec moins de 0,6 salarié par résident, les moyens sont "très insuffisants", déplore Pascal Champvert. "Vu les moyens qui nous sont alloués, nous sommes obligés de supprimer des postes au lieu d’en créer", poursuit-il. Les crédits étaient "destinés à financer les soins prodigués dans les maisons de retraites pour personnes dépendantes", mais n’ont pas été consommés, explique le journaliste des Echos Vincent Collen. "Cela s’explique par les délais, parfois très longs, entre le moment où l’administration autorise le financement d’une place en établissement et le moment où celle-ci est effectivement ouverte", détaille-t-il.

Milène Leroy